Utilisabilité des applications en ligne à l’Université du SI

Sortez vos agendas car le mois prochain va se tenir un évènement prestigieux : L’Université du SI.

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Il s’agit d’un séminaire organisé sur 2 jours (les 2 et 3 Juillet) sur le thème des nouveaux leviers de productivité et de l’évolution durable des usages de l’informatique. Rassurez-vous, cette conférence s’adresse à deux cibles privilégiées (les geeks et les boss) mais les interventions vont être variées et surtout très riches avec des intervenants prestigieux : Neil Armstrong, Michel Serres, Eliyahu M. Goldratt, Guillaume Laforge

J’animerai pour ma part une session sur l’utilisabilité des applications en ligne. Je parlerai de SaaS, d’interfaces riches appliquées aux applications métiers et aux tableaux de bord,des contraintes spécifiques de l’utilisabilité dans un contexte de productivité…

Live Mesh = Software + Service + Synchronisation + …

Microsoft a présenté hier un nouveau service : Live Mesh. N’allez surtout pas croire qu’il s’agit d’un banal service de synchronisation de vos fichiers car c’est en fait bien plus que cela.

Pour faire simple, Live Mesh est une plateforme qui sert à relier entre eux des terminaux, services et données. Donc vous pouvez logiquement vous dire que cette plateforme regroupe des services comme SkyDrive, FolderShare ou encore Live Spaces. Oui… et non ! Car ce projet est bien plus ambitieux, il est le résultat de deux années de travail d’une équipe assez conséquente et est surtout le concrétisation de la vision de Ray Ozzie (le Chief Architect de Microsoft) : le web comme un épine dorsale de votre expérience sociale numérique. Plus d’infos ici : Ten things to know about Microsoft’s Live Mesh et Live Mesh: First Look at Microsoft’s New Platform.

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Concrètement, Mesh va vous servir à plusieurs choses :

  • Synchroniser des données entre plusieurs terminaux. Admettons que vous preniez une photo avec votre téléphone, cette photo va être immédiatement rendu disponible sur votre ordinateur, sur votre Xbox, sur votre page Live et même sur votre page Facebook. Encore plus fort, elle pourra également être distribuée à différents groupes en fonction de règles et autres permissions.
  • Synchroniser des données entre plusieurs services. Reprenons l’exemple de la photo publiée un peu partout. Si un commentaire est publié sur Facebook, il sera immédiatement récupéré et re-publié sur les autres services où la photo est disponible.
  • Gérer l’accès hors-ligne et la resynchronisation. Admettons que vous perdiez votre connexion sur votre ordinateur portable et que vous fassiez une modification à cette photo, dès que vous êtes à nouveau connecté, la photo est mise à jour partout là où elle a été publiée.
  • Gérer le paramétrage et la mise à jour des applications. A partir du moment où vous connectez un service ou une application à Mesh (ils appellent ça une application « mesh-aware« ), la plateforme se charge de le/la transformer en une sorte de widget qui va pouvoir échanger des flux d’information avec la plateforme (à la fois des flux d’information mais également des flux applicatifs).

Heu….

Quoi ?

Comment ?

Oui vous avez bien lu : gérer l’accès hors-ligne, la resynchronisation, le déploiement et la mise à jour. En d’autres termes, Mesh n’est ni plus ni moins qu’une authentique révolution, l’équivalent de la Facebook Platform mais en bien plus puissant.

Reprenons depuis le début :

  • Synchronisation des données entre plusieurs terminaux (Windows dans un premier temps puis Mac et cie par la suite). Pour moi il s’agit d’un pied de nez aux services de stockage en ligne du type Data on the Cloud (Google Apps, Gdrive…). Pour plus de précisions, je vous recommande ce billet qui parle de la vision du cloud computing de Google : Kai-Fu Lee on Cloud Computing. Et si vous êtes en forme, allez donc voir ce qui se prépare du côté de Mozilla Weave.
  • Gestion du déploiement des applications sous forme de pseudo-widgets et de la synchronisation des données. Chez moi on appel ça un concurrent direct de OpenSocial.
  • Gestion du mode hors-ligne et de la resynchronisation. Pour moi nous sommes en présence d’un concurrent des Google Gears et autres Mozilla Prism.
  • Gestion de la mise à jour des applications via flux RSS ou équivalent (nom de code = « FeedSync« ). Là nous avons quelque chose de tout nouveau mais que j’avais évoqué il y a plus de deux ans (cf. Après les podcasts et les videocasts, les softcasts ?).

Ouf ! Voilà donc à quoi ressemble le fameux social mesh dont Ray Ozzie nous avait déjà parlé lors du MIX08 : Un accès universel aux données et aux services au sein d’une plateforme sociale unifiée.

Certains spéculent déjà sur une extrapolation de cette plateforme à un nouveau modèle de licence pour les logiciels : vous achetez une licence, vous l’associez à Live Mesh et la plateforme se charge de déployer ce service sur vos différents terminaux et même de gérer vos données (cf Microsoft’s Mesh Revealed—Sync All Apps And All Files To All Devices (As Long As They’re Windows)).

Toujours plus fort, Microsoft a la volonté d’ouvrir sa plateforme à la communauté en intégrant les applications et services d’éditeurs tiers et en déployant un certain nombre d’API pour pouvoir rendre le service exploitable par d’autres.

Ajoutez à cela des fonctionnalités « sociales » comme le Live Mesh Notifier (une sorte de lifestream) et vous aurez une bonne idée de l’ambition de Microsoft vis à vis de cette plateforme : un écosystème où cohabitent utilisateurs, données, services et applications (le tout sur différents OS et terminaux). Pour en savoir plus, je vous recommande ce mémo interne publié par Ray Ozzie à ses troupes : Full Text of Ray Ozzie Mesh Memo.

Le plus attentifs me diront : « différents OS et terminaux, mais comment vont-ils s’y prendre ?« . Et je leur répondrais par un seul mot : Silverlight. Et oui, Silverlight pourrait être le cheval de Troie de Live Mesh, l’environnement d’exécution multi-OS et multi-plateformes : Linux, mobile… Plus d’infos sur ce point ici : Silverlight and the future core of Microsoft.

Vous l’aurez donc compris, Microsoft vient de frapper un grand coup avec ce Live Mesh, s’ils parviennent à tenir leurs promesses alors la transformation du géant de Redmond commencera à prendre forme. Il ne leur manquerait plus qu’à finaliser le rachat de Yahoo! pour amorcer un virage encore plus net.

La collaboration en ligne expliquée en moins de 3 minutes

Je ne l’ai pas mentionné sur mon blog mais Google a annoncé cette semaine un partenariat avec Salesforce : Salesforce for Google Apps.

Là où ça devient intéressant c’est qu’ils ont fait appel à Common Craft pour expliquer de façon simple les bénéfices d’un tel partenariat. Pour information, les équipes de Common Craft sont à l’origine d’une série de vidéos explicatives remarquables car elles ont le mérite de vulgariser les services de base du web 2.0 : blog, RSS, wiki, réseau sociaux, bookmark collaboratif, partage de photos, twitter

Bref, tout ça pour dire qu’ils ont réalisé une petite vidéo qui explique de façon tout à fait limpide les grands principes de la collaboration en ligne et du SaaS :

Rien à redire, c’est un grand moment de vulgarisation. En tout cas je suis fan.

Adobe peut-il coiffer IBM ou Google sur le terrain des SaaS ?

Normalement vous devez forcément avoir entendu parler de Photoshop Express, la version en ligne de Photoshop lancée par Adobe il y a quelques semaines. Pour vous faire une idée rapide du produit, ça se passe ici : Photoshop Express Test Drive.

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Je n’ai pas eu le courage de faire un test complet de ce nouveau service, mais heureusement d’autres s’y sont collés à ma place (avec brio) :

C’est donc dans un contexte extrêmement compétitif qu’Adobe se lance avec cette nouvelle application en ligne, il existe en effet quantité de services en ligne équivalents : Online Photo Editing Overview et 90+ Online Photography Tools and Resources.

Photoshop Express et les autres…

Là où ça devient intéressant, c’est dans l’orientation « services » qu’Adobe a voulu donner à son application, les américains appellent ça du SaaS (« Software as a Service« ). Comprenez par là qu’une partie de la valeur ajoutée de cette application réside dans les services additionnels qui vont avec (hébergement, partage…).

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Ce lancement qui s’est fait attendre est très certainement révélateur de ce que pourrait devenir Adobe : un fournir de service et non plus un simple éditeur de logiciels. Quand on y réfléchit bien, on se dit qu’avec Connect, Share, BuzzWord et maintenant Photoshop Express, ils sont en train d’amorcer un remarquable repositionnement vers le SaaS.

Adobe Online Office vs. Google Docs ?

Ceci est d’autant plus intéressant que l’expérience utilisateur de ces services est complètement différente d’un Google Docs (plus sophistiquées). De là à penser qu’Adobe va petit à petit étendre ça gamme, je rejoins l’avis de Sarah Perez : Watch Out – Adobe Is Slowly Building an Online Empire. Puisqu’Adobe est historiquement présent en entreprise au travers de PDF et de l’ensemble des solutions de gestion documentaires qui vont avec, ils sont tout à fait légitime pour se positionner sur le créneau des outils de collaboration en linge (au même titre qu’IBM, Google ou Microsoft).

Il ne leur resterait alors qu’à compléter cette petite série avec d’autres outils, et je pense notamment au très prometteur SlideRocket (cf. Look Out PowerPoint – SlideRocket Rocks).

Du browser au desktop

Reste à savoir comment Adobe va pouvoir gérer la conquête des intranets voir des postes de travail. Hé oui, car n’oublions pas que AIR est dans le parage et qu’à partir du moment où votre application est développée dans l’environnement Flex, vous pouvez (presque) indifféremment la publier sur le Web (avec une version Flash) ou sur le desktop (avec une version AIR).

Une bataille qui s’annonce passionnante, d’autant plus que le Adobe Labs regorge de très bon prototypes (myFeeds, Kuler, JamJar…). On ne l’attendait pas et pourtant, Adobe risque ben de bouleverser le balbutiant monde de l’Entreprise 2.0 et de la collaboration avec une offre parfaitement différenciante. Reste à savoir dans quelle mesure ils vont savoir convaincre des DSI qui traditionnellement n’aiment pas trop le changement (euphémisme).