Si vous êtes utilisateur de Facebook (et il y a toutes les chances pour que vous le soyez, comme 15 millions de français) alors il y a deux choses que vous devez savoir :
- Vous êtes propriétaire de vos données personnelles mais Facebook se réserve le droit de les utiliser à sa guise (cf. les nouvelles CGU : Facebook’s Great Betrayal) ;
- Si vous ne modifiez pas les paramètres de confidentialité, vos données personnelles sont maintenant visibles par tous.
Oui vous avez bien lu : Facebook n’est officiellement plus un réseau social fermé mais une plateforme sociale ouverte où n’importe quel internaute peut parcourir votre profil et les informations qui y sont affichées :
Tout ceci est la résultante d’un changement de stratégie radical expliqué par le patron de Facebook en personne : Facebook’s Zuckerberg Says The Age of Privacy is Over. Publier des profils et des informations personnelles n’est pas très choquant en soit (après tout c’est ce que font des millions de blogueurs et tweeteurs) mais ce qui est gênant c’est que le service s’est toujours vanté d’être respectueux de la confidentialité des données, et maintenant qu’il a constitué une base de données gigantesque de profils (avec moyens de contact, listes d’amis, photos, vidéos…) il nous informe que tout ceci est librement accessible à moins que vous ne changiez vos paramètres de confidentialité. Les explications données sont de plus très douteuses (soit disant pour respecter le souhait des utilisateurs et refléter les changements sociaux) : Facebook se fout de la gueule du monde.
Encore une fois ce qui me dérange (et visiblement je ne suis pas le seul), c’est que Facebook décide de le faire après coup. Sur Twitter vous pouvez choisir un pseudo et afficher un avatar, ce que vous y publiez est alors de votre responsabilité. Par contre sur Facebook vous n’avez pas d’autre choix que d’utiliser votre vrai nom et ce sont des dizaines (centaines ? milliers ?) de photos / vidéos qui sont maintenant en libre consultation. Tout ceci est d’autant plus regrettable que certaines règles de sécurité ne sont pas respectées (Pourquoi Facebook a crucifié la sécurité) et que de nombreuses irrégularités ont déjà été constatées (Why You Shouldn’t Trust Facebook with Your Data: An Employee’s Revelations).
La confidentialité comme levier de croissance
Nous en venons donc à nous interroger sur le bien fondé de partager des informations sur internet : Est-il illusoire de penser que l’on peut maîtriser son exposition sociale en ligne ? Non et j’en suis persuadé. Même si la majorité des utilisateurs des médias sociaux est avant tout en recherche de visibilité (cf. La vie privée n’est pas ce que l’on croit et Ok You Luddites, Time To Chill Out On Facebook Over Privacy) ce n’est pas une raison pour forcer la publicité des données personnelles (il y a une grosse différence entre un tweet et votre N° de téléphone portable).
À partir du moment où vous vous inscrivez sur une plateforme sociale où l’objectif est clairement affiché (rendre publiques les informations publiées) ça ne pose pas de problème car les utilisateurs agissent en conséquence. Par contre, Facebook a depuis le début affiché une volonté de privatisation des échanges, ce qui a participé à son succès pour en faire le lieu de rencontre et de partage de référence dans le monde. Mais maintenant la donne a changé : Les profils sont devenus publics par défaut et tant pis pour les informations personnelles et photos que vous avez publié il y a plusieurs mois / années.
C’est donc un changement radical dans la façon d’appréhender le service et ses interactions sociales. De ce point de vue là je rejoins l’avis publié sur R/WW (Why Facebook is Wrong: Privacy Is Still Important), la confidentialité est un élément moteur dans la dynamique communautaire, changez les règles et vous changez la façon dont les utilisateurs vont se comporter.
La conséquence directe de ce changement de paramètres de confidentialité sera donc de modifier les rapports entre les membres et surtout la nature des informations et données qu’ils vont partager.
Vous ne serez plus le même sur le nouveau Facebook
Jusqu’à présent, les membres de Facebook bénéficiaient d’un environnement fermé au sein duquel ils pouvaient échanger des photos /vidéos, partager leur quotidien et sociabiliser comme ils le font dans la vie (puisqu’ils sont dans un cercle limité de connaissances). Les changements de paramètres de confidentialité vont venir perturber ce cercle en modifiant par défaut la visibilité des échanges et données. Bien évidemment les utilisateurs peuvent à tout moment rétablir les anciens paramètres mais soyons honnêtes, seule une minorité va penser à le faire.
Nous nous retrouvons donc avec une meta-plateforme de publication qui en voulant enterrer ses concurrents (MySpace, Twitter…) va accélérer un phénomène d’avatarisation des membres. Comprenez par là que Facebook est maintenant l’endroit pour voir et être vu (un peu comme le café en face du lycée). De ce fait, les membres essayent de mettre en avant la meilleure facette de leur profil en n’exposant que ce qui va participer à l’élaboration d’un double numérique, un avatar. Toutes les informations publiées sont ainsi autant de moyen de façonner un personnage qui vous ressemble et qui va renvoyer l’image que vous avez choisi, une image valorisante et forcément légèrement déformée de la réalité.
Les photos, commentaires, groupes rejoints et autres status updates seront donc les ambassadeurs d’utilisateurs qui veulent paraître jeunes, drôles, dynamiques, branchés… Ce phénomène existait déjà auparavant mais va être très largement amplifié avec les nouvelles règles de confidentialité. Je suis persuadé que 100% des utilisateurs ont mauvaise haleine le matin et achètent du papier toilette (moi le premier) ! Par contre ils choisiront plutôt de raconter leur dernier voyage dans la destination la plus exotique possible (« plein de rencontres merveilleuses« ) ou les achats le plus valorisant (« je viens de recevoir le dernier Nexus One« ).
Rien de très malsain dans cette attitude (nous cherchons tous à montrer la meilleur image de nous-même) mais problématique pour un service qui se vante d’avoir le meilleur système de ciblage comportemental. À partir du moment où vous vous savez exposé aux yeux de tous, vous altérez votre comportement (inhibition…) et brouillez ainsi ce fameux système de ciblage qui va exploiter des données « compromises ».
Le ciblage comportemental d’avatars est-il fiable ?
Nous en revenons donc au phénomène d’avatarisation cité plus haut : Facebook risque petit à petit de se transformer en un Second Life en 2D où se croiseront tout un tas d’avatars plus ou moins loufoques chargés d’assurer la promotion d’utilisateurs en quête du statut social le plus valorisant possible.
À partir de là, comment une marque va-t-elle pouvoir cibler correctement les bons prospects sachant qu’elle s’adresse à des avatars de clients ? Et c’est là où Facebook est face à un gros problème : Du fait de ces nouvelles règles de confidentialité, le comportement des membres de Facebook est faussé par rapport au comportement réel des utilisateurs (réflexes d’achat, motivations / freins…). Un vendeur face à un prospect isolé saura parfaitement cerner ses besoins / contraintes, mais aura beaucoup de mal à le faire si ce prospect est accompagné par tout une bande de potes qui vont venir inhiber les réactions de ce dernier et perturber fortement le processus de qualification / vente. Sur Facebook le scénario sera le même : les arguments, visuels, accroches et bénéfices mis en avant seront fonction du profil et du comportement constaté chez les membres, mais pas celui des utilisateurs « réels ».
Les mécanismes de ciblage comportemental fondés sur un cookie (Wunderloop) ou sur l’historique de recherche (Google) ne sont pas affectés par ce phénomène de « travestissement » car les internautes n’ont pas l’habitude de tricher dans une situation de surf ou de recherche. Par contre cela risque de nuire à la performance des campagnes ciblées sur Facebook.
Encore une fois il n’est pas impossible de toucher des prospects au travers de leur avatar (Second Life a été un excellent terrain d’expérimentation pour cela) mais le basculement d’une dynamique à une autre sur Facebook risque d’être sacrément perturbant avec un mélange d’utilisateurs « intègres » (qui ne changent rien à leur comportement car ils ont modifié les paramètres de confidentialité et interagissent dans un cercle privé et restreint) et ceux d’utilisateurs « travestis » (qui ont fait le choix de se construire un personnage au travers des photos et statuts publiés, des groupes rejoints…).
L’impact du changement des règles de confidentialité va donc être majeur mais va surtout se faire sentir dans la durée avec une prise de conscience de la part des utilisateurs que les données personnelles sont un actif et que la confidentialité est un business. Le modèle économique de Facebook risque donc de s’aligner avec celui des annuaires téléphoniques : gratuits si vos informations personnelles sont accessibles à tous, sinon payant pour être en liste rouge. Il y a bien sûr la possibilité de se mettre en liste orange (en allant fouiller dans les paramètres de confidentialité) mais j’ai comme l’impression que Facebook ne va pas communiquer de façon très active là-dessus…
J’ai l’intime conviction que 2010 va être une année charnière pour Facebook qui vient de franchir la ligne rouge. L’impact sur les membres et leur rapport au service va profondément modifier la dynamique communautaire, et vous avez tout intérêt à aligner en conséquence votre posture de communication ainsi que votre stratégie de présence (une diversification s’impose).

Bon OK mettons les choses à plat car visiblement seules les 4 premières lignes de l’article vous intéressent :
– Oui j’ai fait une erreur d’interprétation de l’écran des paramètres de confidentialité de la recherche
– Oui il y a eu du changement depuis ce matin car une pop-up est affichée à l’ouverture de la page
Je suis consterné par le comportement de certains lecteurs / tweeteurs qui se précipitent pour dénoncer une faute d’orthographe ou un erreur dans un paragraphe d’un article de plusieurs pages plutôt que de réagir sur le fond ou la prise de position. Je me retrouve dans un situation déjà vécue un an plus tôt avec mon article sur le Native Client de Goole : un sentiment d’écœurement face à des pinailleurs trop contents de pouvoir se défouler.
Qu’importe, mon article est maintenant corrigé et j’espère que le niveau des échanges va remonter.
/Fred
@ devine > En fait on ne peut pas reprocher grand chose à Facebook dans la mesure où ils ont effectivement prévenu. Par contre il serait temps pour eux de clarifier leur modèle économique (la monétisation de profils) et d’arrêter de clamer haut et fort qu’ils sont les champions du respect de la vie privée. Ce n’est pas un mal en soit mais la situation est maintenant réellement différente.
Comme préciser dans l’article, ce phénomène d’avatarisation n’est pas nouveau mais il va s’accentuer avec le temps.
/Fred
Alors, alors, prédiction #12 : « Perte de l’aura médiatique et enrayement de la croissance pour Facebook »
Et je cite Madame Irma ;-):
« 2010 sera selon moi l’année du basculement pour Facebook qui va devoir se faire violence pour trouver de nouvelles sources de revenus afin de financer sa croissance. Or, de nouvelles sources de revenus veut dire jouer avec les données confidentielles des membres, donc s’exposer à de fortes critiques, donc perdre de son aura médiatique, donc baisser les revenus publicitaires, donc devoir prendre plus de risques… Un début de descente aux enfers pour Facebook ? »
Je ne pensais pas que ta prédiction, Fred, arrive aussi vite, même si ton argumentation sur la « chute » de Facebook m’avait convaincu.
Je ne crois par contre pas vraiment à « Facebook risque petit à petit de se transformer en un Second Life en 2D où se croiseront tout un tas d’avatars plus ou moins loufoques chargés d’assurer la promotion d’utilisateurs en quête du statut social ».
Un décalage trop important entre le moi-Facebook et le moi-réel nuirait comme tu le dit aux annonceurs publicitaires, mais de mon point de vue également à l’utilisateur lui même, l’usage l’intérêt de Facebook étant malgré tout de refléter une certaine réalité pour son réseau (on est pas dans Second Life, World of Warcraft, ou autre… même si les « Kevin » affluent désormais aussi sur FB). Je rejoins donc la pensée de Florent et Romain
@ Alex > Peux-tu préciser « son réseau » ? C’est à mon sens un facteur important de modification du comportement : plus le graphe social est restreint et plus les utilisateurs se comportent de façon naturelle (avec leurs proches), plus le graphe social est étendu et plus ils se soucient de l’image qu’ils peuvent renvoyer à des pseudo-connaissances. La comparison avec Second Life est abusive mais elle sert à illustrer une approche possible pour les annonceurs : des avatars de marques / produits pour séduire des avatars de clients / prospects
/Fred
Encore un billet inutile de gens qui mettent les doigts dans la prise et viennent ensuite se plaindre qu’ils se sont électrocutés!
Si vous voulez vraiment rester (le) maitre, supprimez votre compte et ne faites pas partie de ce système, ou supprimez ce que vous ne voulez pas qu’on voie… Sinon, faites partie du 21ème siècle et assumez en les conséquences!
Je ne comprend pas la polémique, on peut toujours paramétrer ses options de confidentialité.
Pour la plupart des gens qui je ne connais pas (qui ne sont pas mes ‘amis’, j’ai plus d’infos sur eux via linked-in que Facebook.
Tempête dans un verre d’eau… mais c’est tendance de taper sur Facebook.
Choose love, not Fear !
@Fred : Je ne suis pas un « pinaileur trop content de pouvoir se défouler ». Je vois juste une erreur qui me paraissait importante à corriger car elle modifiait l’analyse que l’on pouvait avoir sur le comportement de Facebook vie à vis des aspects vie privée.
Il faut savoir accepter un tout petit peu la critique quand on publie sur plusieurs blogs en tant que spécialiste.
D’ailleurs quand les journalistes TV ou radio font des erreurs on crie au scandale et au corporatisme… Alors je ne vois pas pourquoi un bloggeur serait à l’abris de certaines critiques. C’est le jeu.
Et puis je n’ai certainement pas dit que TOUT ce qui était écrit sur ce blog était mauvais (loin de là, c’est d’ailleurs pour sa bonne qualité que je le lis…)
Je suis juste déçu des éternelles réactions de vierges effarouchées des « grands » bloggeurs dès qu’ils sont exposés à la critique.
@Fred > Effectivement si l’on compare ton profil (et tes 2609 amis) ;-) je doute que tu élucubres sur ta dernière cuite dans ton statut Facebook (tu pourrais le faire juste une fois s’teu plait… ce serait vraiment très drôle ;-p )
Je pense par contre que l’utilisateur moyen (quelqu’un ayant entre 150 et 500 amis), même s’il essaye de donner la meilleurs image de soi via son profil n’ira pas jusqu’à se créer un personnage/avatar complètement décaler avec sa personnalité. Notamment parce qu’il n’a pas (encore) véritablement conscience du niveau d’accessibilité de ses données (cf ce que disait Florent plus haut « ceux qui n’en ont pas connaissance ne s’en inquiéteront même pas »)
Mon point de vue est complètement discutable, je ne suis pas sociologue :D
@ devine > Rassures-toi ce n’est pas toi qui me fait enrager, ton commentaire était légitime.
/Fred
@ Fred : Ha ok désolé alors pour le « vierges effarouchées ». Si tu as réellement des lourds-dingues sur Twitter bon courage avec eux…
@ Devine > De plus, je ne suis plus vierge ;-)
/Fred
Encore un bon billet :). En lisant tout ce qui s’est dit, j’ai l’impression que Facebook se tire a moitie la balle dans le pied en changeant l’utilisation par default qu’il propose, passer d’un partage d’informations prive a une publication ouverte de ses informations. Pour moi, si les gens utilisent facebook, c’est avant tout pour communiquer de facon prive, et si on veut etaler certaines infos de facon publique, on le specifie puis voila. La, comme il a ete dit, ca va passer sous le nez de la plupart des utilisateurs, et quand ils vont s’en apercevoir, vont ils modifier leurs parametres de confidentialite ou bien changer pour un nouveau concurent plus respectueux de la vie privee ?…
Fred,
Très bon billet une fois de plus. Ma position a ce sujet est que les utilisateurs Facebook vont déserter la plateforme et migrer vers un nouveau site sous peu, ou quitter les réseaux sociaux pour de bon. Entendons nous bien, je ne parle pas des geeks, marketers sur la toile mais des utilisateurs communs, que nous connaissons tous et qui ne souhaitent pas partager plus qu’ils ne le font déjà avec n’importe qui. Comme le dit elfangels, Facebook se tire une balle dans le pied et verra sa cote de popularité devenir ridicule et mourir a petit feu au profit d’un nouveau buzz…ou tout simplement de communautés spécifiques et non pas généralistes dans le meilleur des cas.
Mon point de vue en tout cas. Personne ne finira par regretter Facebook au final je pense. Et le web passera son chemin tout simplement!
Cedric.
Je crois que l’utilisateur moyen de Facebook est très très mais alors très loin de toutes ces considérations. Même si comme toi Fred, je trouve très limite de changer après coup la règle du jeu de la part de Facebook (de profil privé à public…), la plupart de mes « amis » (ah ah..) ont à peine perçu le changement. Alors est-ce que ca changera vraiment leur comportement ? Se rendront-ils compte que leur audience dépasse désormais leur petit cercle ? J’ai quand même un petit doute…
Je me suis faite aussi avoir par ce changement de paramètres. Oh, j’avais bien vu l’encadré, j’ai changé aussi sec. Mais les albums photos restent visibles au tout venant, parce qu’ils sont gérés sur une autre page *happy*
Par ailleurs, il y avait un très bon article dans le Monde l’autre jour (Le point de vue des « Jeunes cons ») et au sujet de la distorsion de la vie privée entre la génération précédent et la leur. Disant que eux adorent vivre leur vie à la LoftStory, en substance, bref vivre sous les feux des projecteurs 24/24h.
Amusant pour moi de commenter le match, car j’ai vraiment l’impression d’être dans l’entre deux, sur une plaque tournante.
Analyse pertinente. J’espère convaincre un plus grand nombre de mes amis sur l’utilité d’un paramétrage intelligent de la confidentialité de ses données.
Je me permets de laisser un commentaire sur cet article car j’en trouve le point de vue très intéressant.
Pour ce qui est du revirement de stratégie opéré par Facebook… Honnêtement, pensez-vous tous réellement que la majorité des utilisateurs de Facebook le sache? Il y a eu bien sur de la comm’ faite sur le sujet mais qui s’en soucie?
Ne sommes-nous pas dans une société de « on-prend-on-jette »? Pour ma part, si je n’avais pas lu cet article, le changement de Facebook me serait apparu presque comme anodin…Depuis j’ai modifié mes paramètres de confidentialité. Je ne parle là que de ma situation mais je suis quasi persuadée qu’il en est de même pour la plupart de mes « amis facebookiens ».
En surfant un peu plus (histoire de tester ce billet évidemment!) sur le profil de gens que je connaissais pas, je me suis surprise à faire ce que je pourrais qualifier de voyeurisme. On surfe tranquillement, on se dit « ah tiens, c’est qui celui là? », on regarde ses photos sans même y faire attention. On a beau être au 21ème siècle, je trouve ça quand mêm un chouia excessif en matière de vie publique!
Facebook, en terme de stratégie est à priori avec cette nouvelle disposition, un mouvement de plus sur l’échiquier, la partie visible de son plan de route au nez et à la barbe de Google.
La bataille s’annonce intérressante à suivre entre géants surtout si Google continue de digérer les récents pics de trafic de Facebook en période de fêtes.
Facebook est déjà mais sera tôt ou tard un fournisseur d’accès à la musique, c’est dans les tuyaux.
Toujours pas OpenID qui serait la solution la plus simple et juste pour ce qui concerne les questions liées à la protection des données, ce n’est pas le débat qui manque à propos de portabilité numérique.
Pour ce qui est de la Cnil, il serait prudent de relire cette note du 19 févr. 2009
… Alex Türk, le président de la CNIL, la Commission nationale de l’informatique et des libertés réagit à la nouvelle affaire Facebook qui …
http://ecrans.fr/Alex-Turk-Concernant-Facebook-je,6448.html
Merci pour ce post et excellents commentaires.
Alex
Je crois que le pb Facebook peut être résumé comme suit : il faut ARRETER DE CROIRE au tout-virtuel !
Si par ex, Mozilla n’avait fait que lancer des idées à propos d’un navigateur respectant les standards, et n’avait fait que protester auprès de Microsoft, rien ne serait advenu !
C’est bien parce que Mozilla a produit du code bien réel, un navigateur qui ne soit, non plus une idée uniquement, mais bel et bien un produit utilisable, que les choses ont changé et que la demande de respect des standards a eu plus de poids, plus de réalité, auprès des utilisateurs, auprès, même, de Microsoft.
Pour Facebook, on est dans un cas de figure analogue. Les « gogos », ceux qui se font avoir ou se feront avoir, ils croient en (grande) partie au tout-virtuel. Ils croient que l’espace numérique leur est offert de facto, que Facebook existe dans un univers où les ressources se matérialisent quand on en a besoin et que bref, cela n’est pas la peine de se poser des questions. Et cela n’est pas la peine, non plus, de se poser la question du nerf de la guerre, i.e. l’argent. Et là, on est bien IMHO dans le tout-virtuel.
Le pb Facebook appelle un retour au réel. Et « l’éducation » des utilisateurs doit être orientée dans ce sens.
C’est notamment pourquoi je crois aux box Internet comme serveurs perso de stockage de données – cf. mon commentaire de http://fredcavazza.wordpress.com/2010/01/04/best-of-2009/ – Parce qu’elles peuvent avoir plus de potentiel que l’émergence d’un concurrent à Facebook. OK, un concurrent de Facebook pourrait ralentir Facebook dans ses manoeuvres (et encore…), mais cela ne ferait sans doute que déporter le pb : nos données seraient tjrs aux mains de ces enterprises, avec tjrs un danger si on reste (comme c’est la tendance) dans un business model du tout gratuit, ou presque.
Tandis qu’une box pourrait apporter une solution, tjrs concurrente, mais plus tangible; c’est à dire que l’on serait plus dans un retour au réel.