Mes 9 prédictions pour 2009

Suite à un précédent billet qui faisait le point sur mes prédictions 2008, je me lance une nouvelle fois dans le périlleux exercice des prédictions.

1/ Montée en puissance des plateformes sociales BtoB

Ça a commencé avec la consécration de Yammer au Techcrunch50, ça se poursuit avec le lancement de Bluehouse par IBM, ça se confirme avec la nouvelle version de blueKiwi : le salarié est un animal social et il a besoin d’outils adaptés pour assouvir ses besoins (de sociabilisation). Au delà des outils qu’il est possible de mettre à disposition des collaborateurs (au sein d’une entreprise ou d’un groupe), c’est dans les liens sociaux inter-entreprises que le gros du potentiel réside. Un Facebook pour les entreprises ? Non, soyons sérieux, plutôt quelque chose à mi-chemin entre LinkedIn et AppExchange avec une bonne dose d’open source (ou du moins pas entre les mains d’un seul acteur) et une couche de micro-partage. Imaginez ainsi le potentiel que représenterait la rencontre entre médias sociaux et entreprise 2.0.

2/ Explosion des réseaux sociaux locaux

2008 aura été témoin de l’explosion de deux lames de fond : la domination des réseaux sociaux et le retour en force des services mobiles. Croisez les deux et vous obtenez des réseaux sociaux locaux comme DodgeBallBrightKiteLoopt Moximity et des services français comme DisMoiOù et Webcity. Plus de proximité, plus de facilité pour faire du ciblage comportemental (géographique ?), plus de points de contact avec les utilisateurs… les arguments sont nombreux pour s’intéresser de près à cette alternative aux réseaux traditionnels. Et les services connexes comme Peuplade ou Ma résidence en bénéficieraient grandement (ou inversement).

3/ Démocratisation des applications sociales

Vous connaissiez déjà Kidzui et Pikluk pour les enfants (cf. Les applications sociales à l’assaut des enfants et des parents) ? Vous utilisiez déjà Twhirl et AlertThingy ?  Alors vous passerez bientôt à SocialU car vous ne supportez pas l’idée de ne pouvoir maîtriser votre social stream, le flux de vos activités sociales. Et oui, parce que ça commence à faire beaucoup de services à alimenter / surveiller. Bref, autant le dire franchement : la fenêtre de votre navigateur est trop petite pour pouvoir gérer cette multitudes de réseaux sociaux, systèmes de publication / partage… Il vous faut quelque chose de plus robuste, quelque chose de plus sécurisé, quelque chose de plus… industriel. Et c’est là où les applications sociales entrent en scène et vont venir s’incruster durablement sur votre desktop.

4/ Retour en force des experts

Avec la montée en puissance du social shopping (des recommandations par millions) et la croissance soutenue du e-commerce (des boutiques en ligne par milliers), l’offre n’a jamais été aussi riche… et le choix aussi complexe. Ceci s’en ressent surtout dans les produits technologiques où faire un achat réfléchi requiert un investissement à temps plein (identification des offres, études des alternatives, comparaison, pondération…). Heureusement les experts sont là : blogueurs plus vraiment amateurs, vendeurs passionnés ou acheteurs débordant d’empathie, les experts sont partout (si l’on se donne la peine de les chercher). Ici il n’est plus question du consensus des internautes anonymes mais plutôt de l’avis d’un individu socialement impliqué. Leurs conseils valent de l’or car ils ont une connaissance encyclopédique et l’expérience du terrain (en fouinant dans les magasins ou en s’appuyant sur un réseau d’informateurs). Jetez donc un œil à un blog de niche comme Blogeee pour vous rendre compte du niveau.

Les experts seraient-ils l’incarnation de l’influenceur ? Probablement, car ici ce n’est pas l’audience qui compte mais l’implication (le nombre d’heures passées à compiler des news, des données brutes et à débattre dans les forums). Bref, les marques ont bien compris leur intérêt et elles les chouchoutent même dans des séances de speed testing. Mais entendons-nous bien : il s’agit là d’experts qui avancent à visage découverts et entendent vivre pleinement de leur passion. Ne vous offusquez donc pas de voir de la publicité ou des liens sponsorisés, c’est le revers de la médaille. Mais qui s’en plaindra si le conseil est bon ? Certainement pas moi (ni vous) car un achat réalisé en toute sérénité ça n’a pas de prix (sans mauvais jeux de mots).

5/ Invasion des casual games

Plus aucun doute : après la musique, les vidéos et les widgets, les casual games sont le prochain levier d’audience. Des géants du web comme Amazon (qui investi dans Kongregate et Reflexive) ou Google (qui vient de lancer son offre d’In-Game Advertising) en passant par des régies comme Hi Media (GameOnly) ou des acteurs plus traditionnels comme Ubisoft (MissDécouverte) ou Sega (PlaySega), les casual games sont au centre de nombreuses attentions. Pourquoi le jeu ? Parce que tout le monde aime jouer, parce que ça sociabilise et parce que c’est facilement monétisable. Surveillez de très près également les social games qui envahissent les réseaux sociaux et même les mobiles (cf. Zynga Launches the Ultimate Time Waster: Live Poker for the iPhone).

6/ Multiplication des MMOs franchisés

Si les casual games sont là pour divertir les foules, les MMOs (jeux en ligne massivement multi-joueurs) sont là pour combler les exigences des hardcore gamers. Ça a commencé il y a presque 10 ans avec Ultima Online, ça c’est confirmé avec Wolrd of Warcraft, l’avenir du jeu vidéo est en ligne. Fort de ce constat de nombreuses licences prestigieuses sont en train de rattraper leur retard et de débarquer en force sur le créneau : Warhammer, Conan, Lord of the Rings, Star Wars, Star Trek, Stargate, DC Universe… tous seront au rendez-vous en 2009, et peut-être même Harry Potter. Il ne reste plus à ces éditeurs qu’à mieux comprendre le potentiel du free-to-play et l’explosion sera encore plus puissante.

7/ Montée en puissance des objets trans-réels

Pour le moment seuls les industriels du jouet se sont lancés dans une exploitation à grande échelle des objets trans-réels (objets physiques qui possèdent également un double virtuel à l’image des Funkeys). Lancée par Webkinz, la mode des univers virtuels faisant usage d’objets trans-réels semble être contagieuse car des géants comme Mattel (avec Barbie Girls), Hasbro (avec Littlest Pet Shop) ou Disney (avec Pixie Hollow et bientôt World of Cars) semblent vouloir s’imposer en force. Si ça fonctionne pour les jouets, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas pour les objets de la vie courante comme les fringues (vos t-shirt personnalisés avec un mobile tag) ?

8/ Émergence d’applications mobiles 2.0

J’ai déjà abordé le cas des réseaux sociaux locaux, mais les applications mobiles sociales de seconde génération (post SMS et version mobile des réseaux sociaux issus du web) sont déjà là : micro-messenging géolocalisé comme les très ambitieux Friend View de Nokia ou oneConnect de Yahoo!, MMTRG comme Wifi Army ou Parallel Kingdom (qui vient de lancer sa version iPhone), P2P-Leveraged Mobile Live Streaming… les domaines d’application du mobile 2.0 sont nombreux, d’autant plus que les smartphones représentent maintenant près de 20% du marché.

9/ Retour sur le devant de la scène de Microsoft

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Microsoft ne parvient pas à passionner la blogsophère comme savent le faire Google ou Facebook. Il faut dire que sa posture de suiveur réactif l’a poussé à sortir des services sans grande valeur ajoutée comme Live Search Maps ou Expo Live. Oui mais voilà, Microsoft carbure au diesel : long à démarrer mais terriblement endurant. Les équipes de Redmond ont mis du temps à sauter dans le train des médias sociaux mais elles rattrapent petit à petit leur retard avec des services comme Live Home ou Live Photos. Mieux, elles arrivent à surprendre avec des initiatives particulièrement inspirées comme Photosynth ou WorldWide Telescope.

Pour de nombreuses personnes, Microsoft est un géant endormi. Rien que l’évocation du nom « Microsoft » fait ressurgir de douloureux souvenirs liés aux nombreuses frustrations engendrées par 20 années de suprématie de Windows et Office. Mais pour d’autres, Microsoft c’est aussi la Xbox et sa nouvelle « Experience« , Guitar Hero, les nuits passées sur Xbox Live, le Zune (qui n’a jamais traversé l’atlantique)… Microsoft c’est également des projets très ambitieux comme le tout nouveau Microsoft Store, Windows Azure ou Live Mesh. Microsoft c’est enfin des innovations technologiques tout à fait convaincantes comme Surface, Sphere ou encore TouchWall.

Bref, le nouveau Microsoft est bientôt là, il ne se contentera plus d’être un fast follower et il a toujours 50 milliards de $ en caisse. Rendez-vous compte : 50 milliards de $ c’est assez pour racheter Yahoo!, Facebook ET General Motors (cherchez l’intrus) !

 

Voilà, ça fait 9 prédictions pour l’année 2009. N’hésitez pas à rajouter les vôtres dans les commentaires.

En tout cas 2009 sera une année passionnante, j’en suis certain. J’espère que vous partagerez avec moi cet enthousiasme et que j’aurai la motivation pour continuer à bloguer toutes ces transformations qui sont en cours.

Microsoft se lance dans le cloud computing avec Azure

La nouvelle est tombée hier : Microsoft poursuit sa transformation et vient de lancer son offre de cloud computing : Azure Services Platform. Pour faire simple, Azure est une plateforme de service qui permet d’héberger des applications (ou des briques applicatives) afin de les rendre disponibles en interne pour les besoins de votre entreprise ou en externe pour vos partenaires / sous-traitants / clients… Tous les détails ici : Microsoft Unveils Windows Azure at Professional Developers Conference.

azure

 

Pour faire simple, cette offre vous permet de remplacer votre infrastructure technique (matériel et logiciels) pour pouvoir développer et faire tourner vos applications sans avoir à vous soucier de l’achat de serveurs, licences ou de la maintenance. Pour rester fidèle à leur vision de Software + Service, cette plateforme est bien évidement hautement compatible avec un ensemble d’applications maison comme ses suites logiciels de développement ou de collaboration :

azure-scheme

 

Nous somme donc en présence d’une très complète offre de cloud OS… ou de Platform as a Service… ou peut-être même de Platform and a Service je ne sais plus trop (lire à ce sujet Cloud Computing & SaaS, Software as a Service : différences, complémentarités). Pour une description détaillée et commentée, ça se passe ici : Microsoft’s Azure cloud platform: A guide for the perplexed.

La réponse de Microsoft à Amazon et Google (et Long Jump, SourceForge, Adobe, Oracle, IBM, Sales Force, Zoho, Yahoo!…)

Microsoft vient donc de mettre sur la marché une offre en concurrence directe avec Amazon Web Services et Google App Engine. Mais sont-ils les seuls sur ce créneau ? Non pas tout à fait, car il faut aussi compter avec des offres plus intimistes de PaaS comme LongJump ou encore SourceForge (cf. LongJump Further Enhances Its PaaS Offering to Enterprise Customers et SourceForge Announces Hosted Applications). Notez également que Google vient tout juste d’ouvrir sa plateform Google Apps aux développeurs tiers : Google Launches Google Apps Labs, Third Party Developers Welcome.

Mais ce n’est pas tout, car d’autres acteurs traditionnels de l’informatique sont en embuscade, notamment Oracle (Oracle Moves into the Cloud with the Help of Amazon), Adobe (avec des offres comme Genesis) ou encore IBM (avec son tout nouveau BlueHouse).

Rajoutez à cela des nouveaux entrants très agressifs comme SalesForce (avec son AppExchange) ou Zoho (cf. Zoho Marketplace, after 3 weeks…).

Pour Yahoo! c’est différent car ils ont choisis une autre approche avec leur Yahoo! Open Strategy (quoi que… il y a aussi Zimbra : Zimbra Heads Into the Cloud).

Bref, il y a beaucoup de monde pour un marché très prometteur mais encore en voie de structuration (cf. Who owns the keys to the clouds?) qui souffre encore d’un déficit d’évangélisation (cf. Stallman on cloud computing: Run, it’s a trap!).

Et Windows dans tout ça ?

N’allez pas imaginer que ce cloud OS va remplacer votre système d’exploitation Windows, bien au contraire ! Ce Azure Services Platform est conçu pour s’imbriquer finement avec les autres projets en préparation de Microsoft : Windows 7 et Live Mesh. D’ailleurs Ray Ozzie (le Chief Architect) a présenté lors du PDC2008 la future version de sa suite bureautique incluant une version web (Office Web Application) et une version mobile.

C’est donc un schéma bien complexe que les équipes de Microsoft nous préparent (cf. Microsoft Azure Aims to Re-define the OS), une offre à la proposition de valeur très floue qui va demander des mois (des années) d’explications avant de convaincre les décideurs informatiques. La tâche est gigantesque, mais avec les efforts combinés de tous ces acteurs, on devrait bien y arriver un jour, non ?

Microsoft travaillerait sur un projet interne de réseau social (oui et alors ?)

La rumeur courait depuis un certain dans la Silicon Valley et nous avons maintenant des preuves concrètes qu’il existe bien un réseau social en gestion chez Microsoft dont le nom de code est « TownSquare« . D’après les descriptions (partielles) qui en sont faites, ce réseau est assez proche de Facebook (profils, groupes, news feed…) mais n’apporte rien de très révolutionnaire : Microsoft’s Own Social Network Under Development et Microsoft testing prototype of Facebook-like social network.

Il existe même des captures d’écran :

MS_TownSquare

 

Bon… force est de constater que cette rumeur ne va pas changer la face du monde (informatique). D’autant plus que Microsoft nous a déjà démontré sa capacité à copier les concurrents sans rien proposer de plus (à l’image d’Expo le concurrent d’Ebay).

Donc la grande question est la suivante : Microsoft a-t-il vraiment besoin de copier d’autres réseaux sociaux ? Non ! Pourquoi ? Parce qu’en fait Microsoft a déjà une très large longueur d’avance. Notamment au travers de plateformes communautaires grand public (Hotmail, MSN, Windows Live, Xbox Live), de plateformes pro (MSDN, Channel 9) et même de projets plus « globaux » (Mesh).Traduction : il y a bien longtemps que Microsoft a prit le virage communautaire.

Les autres grands acteurs du web ne sont pas en reste non plus :

Bref, tout le monde est de la partie et tout ceci me confirme dans l’idée que Facebook n’est que l’arbre qui cache la forêt.

L’avenir du mobile sera-t-il aux widgets ?

Vaste question… Toujours est-il que le monde du mobile est en pleine ébullition en ce moment (est-ce contagieux ?) avec les premières démonstrations d’Android, l’OS mobile de Google : Google’s Android: How Will it Compare to iPhone?.

Mais avant de vous en dire plus, laissez-moi d’abord récapituler la situation :

  • Malgré tout ce que l’on a pû en dire, c’est Apple et son iPhone qui a ouvert la voie aux wigdets mobiles. Pourquoi des wigdets et pas des applications mobiles ? Tout simplement parce que ces sources de revenus sont ainsi beaucoup plus facilement contrôlables (ça ne vous rappelle pas un certain iMode ?). Bref, tout ça pour dire que le SDK iPhone est une grosse blague et que l’innonvation est plutôt à chercher du côté des éditeurs rebelles et des jailbreakers.
  • Microsoft ne se laisse pas distancer et vient de faire un retour en force avec son très ambitieux Live Mesh :
  • Adobe est revenu dans la course avec son OpenScreen Project ;
  • Yahoo! est toujours en embuscade avec son Yahoo! Go 3 ;
  • Comme je suis un incorrigible chauvin, je ne peux m’empêcher de vous parler de Goojet, la plateforme de widgets mobiles sociales made in France dont j’ai interviewé un des membres de l’équipe (Cédric Giorgi) au Yulbiz d’hier soir :

Bon… maintenant que le décor est planté, je peux vous parler d’Android. C’est donc hier qu’à eu lieu la première démonstration publique d’envergure de cette plateforme mobile lors de la Google’s I/O conference et le moins que l’on puisse dure c’est qu’ils ont fait sensation.

Pour faire simple, nous pouvons dire que l’interface d’Android est très proche de celui de l’iPhone. Il ne s’agit pas d’une copie, mais plutôt d’un très bel hommage (toutes les photos sur le site de la communauté Android : First LIVE images and videos of FULLSCREEN Android demos!). Jugez plutôt :

android_dashboard.jpg   android_widget.jpg

Nous retrouvons le même traitement graphique des icones (mélange de sobriété et de sophistication), la même barre de lancement rapide (en bas de l’écran), le même panneau d’icones et les même widgets qui flottent. C’est très proche, mais comme c’est de l’open source, ça intéresse fortement les constructeurs de combinés mobiles qui voient dans cette plateforme un formidable accélérateur pour rattraper leur retard sur l’iPhone.

Au niveau du comportement de l’interface et des possibilités d’interaction c’est également très bon. Voyez plutôt avec cette première démonstration de l’écran d’accueil et de la manipulation des widgets (j’adore la façon de débloquer le combiné) :

Il y a également cette seconde démonstration très impressionnante de Google Street View et du compas intégré nativement dans l’appareil :

Voici enfin une troisième vidéo où il est question d’un Pac-Man :

Bref vous l’aurez compris, la révolution de l’internet mobile est enfin en marche, avec près de 10 ans de retard sur les marché asiatiques (gloups). Difficile de dire pour l’instant qui est le mieux placé dans la mesure où les acteurs ont tous choisis des positionnements très différents.

Impossible pour le moment de dire à quoi va ressembler l’iPhone de seconde génération (normalement dévoilé dans les prochaines semaines) mais l’intensité concurrentielle vient encore de monter d’un cran !

Ouverture des réseaux sociaux, la route sera longue…

Décidément, pas une semaine ne passe sans que l’on nous annonce une nouvelle révolution sociale. Ce mois de Mai s’annonce tout de même comme une très bonne cru avec pas moins de trois annonces majeures dans le domaine de l’intéropérabilité des réseaux sociaux.

Data Availability : un pas en avant, deux pas en arrière

Contre toute attente, c’est donc MySpace qui a ouvert le bal avec le lancement de Data Availbility, une initiative visant à partager les données des membres de My Space avec les services partenaires (Yahoo, Ebay, Twitter). Comprenez par là que MySpace ouvre une partie de son système d’information pour laisser d’autres services accéder au profil des membres, à leurs photos, à leurs vidéos et à leur liste d’amis. Plus d’infos ici : MySpace Embraces DataPortability, Partners With Yahoo, Ebay And Twitter.

A priori une belle preuve d’ouverture mais à posteriori une belle démonstration de verrouillage des membres : « Laissez donc vos données personnelles chez moi (et moi seul) pour que les autres services puissent y accéder (et vous rendre encore plus dépendant)« .

Même si les mécanismes proposés sont suffisamment sophistiqués pour autoriser de la synchronisation de listes d’amis ou du mashup social, je ne peux que rester méfiant vis à vis de cette annonce. Il existe en effet un groupe de travail qui a été créé pour traiter de ce genre de questions (Data Portability), pourquoi vouloir faire cavalier seul ? En fait la réponse à cette question se trouve dans le nom de l’initiative : dans Data Portability il y a « portage » alors que dans Data Availability il y a « disponibilité« , et c’est bien là où la différence se trouve : ce projet ne vous permet de sortir vos données personnelles pour les mettre ailleurs, elle permet juste à d’autres services d’y avoir accès.

Voilà donc une belle illusion d’ouverture que nous offre MySpace. Pour en savoir plus, je vous recommande la très bonne analyse suivante : Thoughts on Data Portability.

Facebook Connect : « On a merdé mais ça va s’arranger »

Piqué au vif, Facebook propose dans la foulée (et en catastrophe) une initiative équivalente (Facebook Connect) qui va offrir la possibilité de connecter son compte Facebook à des sites et services partenaires pour leur faire bénéficier du levier social. Encore de biens belles promesses où l’on nous parle de « Real Identity » et de « Dynamic Privacy« . Mouais… venant de la part de Facebook, c’est un peu comme si le gouvernement chinois nous faisait la leçon sur les droits de l’homme et la liberté d’expression. Plus d’infos ici : Facebook Answers To MySpace With Facebook Connect.

Mais ne soyons pas trop critique, Facebook Connect est un peu comme une extension de la Facebook Platform qui donnerait la possibilité de déployer des applications sociales à l’extérieur de leur fameuse plateforme (prévoyez une avalanche de notifications).

Si vous savez lire entre les lignes, vous comprendrez que cette annonce est un constat d’échec pour Facebook : ils se rendent compte que leur technologie propriétaire (le FaceBook Markup Language) n’était pas forcément une bonne idée et qu’ils n’ont pas su atteindre la masse critique d’utilisateurs pour s’affirmer comme un standard de facto.

Je vous recommande ainsi la lecture de deux articles :

Pire, certains y voient également un aveu de faiblesse concernant la plateforme technique (qui a visiblement du mal à tenir la charge) et un moyen détourné de ne pas avoir à investir trop d’argent trop vite pour la remettre à niveau. La démission récente du fondateur et directeur technique ne serait pas un hasard : Rising Cost of Facebook Infrastructure; CTO Resigns.

Vous en rêviez ? Moi non plus !

Sans vouloir jouer les rabat-joie (quoi que un peu quand même), j’anticipe un retour de flamme de la part de la communauté qui pourrait plus craindre les dangers de cette initiative plutôt que d’en apprécier les bénéfices (lire à ce sujet : I Don’t Like Chocolate with My Peanut Butter or Why I Don’t Want a Social Graph).

J’imagine que mettre en oeuvre de telles solutions techniques est un véritable challenge technique, mais est-ce réellement ce que les utilisateurs demandent ? Encore une fois, le groupe Data Portability est réellement sur la bonne voie, pourquoi chercher à prendre des chemins détournés ?

Google Friend Connect : Et vous pensiez échapper à OpenSocial ?

Suite à ces deux annonces, Google enchaîne et dévoile son plan : Google Friend Connect. Pour les détails, c’est ici : Google Friend Connect Tries to Strangle the Social.

Il s’agit donc d’une approche inverse puisque ce Friend Connect va servir à exporter les données et applications sociales. C’est en quelque sorte un moyen de widgetiser le graphe social en injectant une dimension sociale là où il n’y en a pas (cf. Google brings Friend Connect to the masses).

Une stratégie très maline de la part de Google qui choisit de boxer dans une autre catégorie que MySpace et Facebook (normal dans la mesure où Orkut ne décolle pas en Amérique de Nord ou en Europe).

Quelques réflexions à replacer dans un contexte plus global

Passé l’effet d’annonce des ces 3 initiatives, je pense qu’il est temps de prendre un peu de recul et de replacer tout ceci dans un contexte plus large pour ce rendre comte de la supercherie :

  • C’est Yahoo qui a tiré le premier en annoncant le support d’Open ID il y a déjà quelques mois (et même Microsoft dans une certaine mesure avec son très ambitieux Live Mesh) ;
  • Attention aux dérapages éventuels. Cette triple ouverture ne fait qu’accroitre l’urgence de définir une charte des droits sociaux à laquelle les géants des média sociaux devraient souscrire (lire à ce sujet l’ébauche suivante : A Bill of Rights for Users of the Social Web) ;
  • Quid des revenus ? C’est bien beau tout ça, mais est-ce que ça va amener de l’argent dans les caisses (de la marge, pas du C.A.) ? Très difficile à dire pour le moment, même si l’on entrevoit des possibilités intéressantes (Some benefits of Data Portability for online shoppers) ;
  • Où sont les vrais standards ? Même si ces 3 initiatives font avancer les choses, nous sommes encore bien loin d’avoir un contrôle réel sur notre social graph (cf. Data Availabity, Data Connections, Data Data Everywhere).

Bref, un bon début mais la route reste encore longue.