Mon livre sur l’internet mobile est (presque) disponible à la vente

Cinq mois après la sortie de mon premier livre, c’est avec la plus grande joie que je vous annonce la disponibilité de mon deuxième livre : Internet mobile, la révolution des terminaux alternatifs. Cela faisait longtemps que je voulais écrire un livre sur le sujet, mais le marché était encore instable. J’ai néanmoins pu constater une avancée notable dans les technologies et pratiques ces derniers mois, j’ai donc décidé de me lancer et d’enchaîner la rédaction d’un second livre deux mois après le précédent. Précision importante : je ne suis pas tout à fait novice sur ce domaine, car j’ai eu de nombreuses occasions de vous en parler au fil des années (Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilitéArrivée à maturité des smartphones grand publicLes smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?Il n’y aura pas de révolution mobile, car elle a déjà eu lieu…), et que je rédige accessoirement un blog sur le sujet (TerminauxAlternatifs.fr). Pour la petite histoire, j’avais même rédigé un livret blanc sur l’internet mobile au siècle dernier (en septembre 2000 pour être précis) ! Celles ou ceux qui ont eu la chance de le lire doivent se souvenir d’un discours très… optimiste (c’était il y a presque 15 ans).

Bref, tout ça pour dire que mon livre est maintenant disponible à la vente, et que je galère toujours autant dans ce fichu monde l’édition…

Le mobile est l’avenir du web, et inversement

Si les médias sociaux ont irrémédiablement transformé nos habitudes de consommation de l’information, d’achat ou de sociabilisation, les terminaux mobiles vont définitivement vous faire tourner la page de l’internet de bureau, celui que l’on consulte à partir d’un ordinateur. J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer que nous vivons maintenant dans un monde mobile : les smartphones sont omniprésents, et ils ont à nouveau bouleversé nos habitudes, nos réflexes et nos attentes.

La grande nouveauté, est qu’auparavant, pour aller sur le web, il fallait s’installer à son bureau, démarrer son ordinateur, lancer un navigateur et saisir une URL. Maintenant, nos smartphones sont allumés en permanence et nous sollicitent de façon pro-active grâce aux notifications. La plage d’exposition aux contenus et services en ligne est donc bien plus grande : du lever au coucher. Du moment où nous sortons de notre lit, jusqu’à ce que nous y retournons, nous sommes dans un environnement entièrement numérique : communication, information, divertissement, achats, éducation, travail… et les smartphones sont les télécommandes de ce quotidien 100% numérique. Le pire dans cette histoire, c’est que les smartphones ne sont que la première étape : tablettes, Smart TV et autres objets connectés  vont petit à petit se généraliser dans les foyers.

Avec ce livre, j’ai voulu aborder la mobilité dans son ensemble et présenter une vision exhaustive du sujet : les usages, les terminaux, les technologies, les grands acteurs, les secteurs d’activité les plus impactés… Je me suis efforcé de me mettre dans la peau d’une personne qui ait envie ou qui doit se mettre à jour rapidement sur le sujet. L’objectif du livre n’est pas de faire des lecteurs des développeurs d’applications mobiles, mais de leur donner toutes les clés de compréhension pour faire les bons choix.

Des beaux livres neufs qui sortent de l'imprimeur
Des beaux livres neufs qui sortent de l’imprimeur

Je ne vous fais pas l’article du livre, car vous trouverez toutes les informations nécessaires sur la page qui lui ai consacré : Internet mobile, la révolution des terminaux alternatifs. Je préfère plutôt vous parler du long chemin de croix pour aboutir à sa commercialisation.

Les affres de l’auto-publication

Comme pour mon précédent ouvrage, j’ai décidé de ne pas passer par un éditeur. D’une part, car je voulais avoir l’entière maîtrise du manuscrit ainsi que de sa mise sur le marché ; d’autre part, car j’estime que la rémunération proposée par les éditeurs est grotesque (7% du prix de vente dans le meilleur des cas). J’ai donc persisté dans ma décision de me la jouer solo, et je rencontre toujours autant de difficultés.

Autant j’ai eu beaucoup moins de mal à m’organiser dans la rédaction et à faire une mise en page un peu plus soignée, autant la commercialisation sur Amazon est toujours aussi problématique. Pour mon premier livre, je me suis précipité la tête baissée sur l’offre réservée aux vendeurs, la Marketplace. Particulièrement intéressante pour les « petits » distributeurs ou les commerçants qui souhaitent vendre en ligne, cette offre n’est pas forcément adaptée à celles et ceux qui veulent faire uniquement de la vente en ligne, notamment car la fiche produit n’est pas la même que pour la majorité des biens vendus sur Amazon. Même si les livres sont stockés dans les entrepôts d’Amazon et qu’ils se chargent intégralement de la logistique, je n’ai pas droit au bouton « Ajouter au panier« , je dois me contenter d’un « Voir toutes les offres« , alors que je suis le seul vendeur. Il existe visiblement une procédure pour demander à ce que les équipes d’Amazon étudient la situation et daigne éventuellement mettre le bon bouton, mais elle est payante, pas fous les gars !

Du coup, pour mon second livre j’ai essayé de faire les choses correctement et de m’inscrire au programme Advantage pour être fournisseur. Le problème de cette offre est que le processus de création d’une offre est beaucoup plus long (3 semaines) et qu’Amazon décide du risque qu’il souhaite prendre sur le produit. En tant que vendeur, vous avez à votre charge les frais de stockage, donc vous pouvez décider de stocker 100, 500 ou 10.000 livres (en espérant qu’ils vont se vendre rapidement), mais en tant que fournisseur, vous devez attendre qu’Amazon vous passe commande. Du coup, le premier bon de commande est de 3 unités, 3 LIVRES !!!!!!!!!! Si ça se passe bien, ils vous en recommandent 5 dans les semaines qui suivent. Autant dire que votre livre est systématiquement en rupture de stock. Pour pallier à ce problème, je propose mon livre dans les deux programmes : fournisseur et vendeur. Amazon commercialise donc le bouquin sous ses conditions (avec une remise exceptionnelle, mais à seulement 3 exemplaires), et dans la place de marché (au tarif normal de 25 €, mais avec des quantités suffisantes).

Je vous passe les détails sur le fait que les fournisseurs et vendeurs doivent envoyer leur marchandise dans deux entrepôts différents, avec des plages horaires de livraison extrêmement précises (si le livreur a un peu de retard, ils ne le laissent pas rentrer et vous récupérer votre marchandise). Non seulement les procédures sont complexes, mais les interfaces de gestion sont très perfectibles et l’aide en ligne n’est pas d’une grande utilité (ils n’utilisent pas les mêmes termes). Enfin bref, rien n’est simple et je perds beaucoup de temps dans des broutilles administrativo-logistiques. J’en viens à me demander s’il ne serait pas plus simple pour moi de stocker tous mes livres chez Amazon et de livrer l’entrepôt des fournisseurs à partir de l’entrepôt des vendeurs. Ça fait beaucoup de frais logistiques, mais au moins je ne me retrouve pas avec des cartons de livres chez moi dont je ne sais pas trop quoi faire…

Je précise qu’après avoir lu 2 ou 3 témoignages, j’ai abandonné tout espoir de vendre mes livres en librairies, car visiblement c’est encore plus compliqué et chronophage. Mais si vous avez des bons plans ou des conseils, je suis preneur…

Édition électronique : bienvenu au moyen âge

Vous avez été nombreux et nombreuses à me demander une version électronique de mon premier livre. Comme le second parle des terminaux alternatifs et plus précisément des liseuses, je ne pouvais pas faire l’impasse. Mais j’étais loin de me douter de ce que ça impliquait…

Pour vous la faire simple : il faut 30 secondes pour créer un fichier EPUB, et deux mois pour avoir le droit de le vendre ! Le problème vient du fait que les entités d’Amazon et d’Apple qui se chargent de la vente de biens électroniques sont domiciliées aux États-Unis et que l’administration américaine se sert à la source pour éviter l’évasion fiscale. Du coup, si vous voulez éviter de verser de la TVA en double (aux États-Unis et en France), il vous faut un N° fiscal US (l’EIN ou Employer Identification Number). Et pour cela remplir un formulaire à la main et l’envoyer par fax, PAR FAX !!!!!!!! Ça fait 3 semaines que j’ai envoyé mon formulaire et je n’ai toujours pas reçu de réponse, c’est complètement anachronique…

Là encore, si vous avez des conseils à me donner, je suis preneur, car j’enchaîne les erreurs de débutant (ex : remplir le formulaire PDF à l’écran pour que ce soit plus lisible, l’imprime et le faxer. Ils m’ont répondu que je devais le remplir à la main avec des lettres majuscules).

Un webinar le 10 juillet sur l’internet mobile

J’arrête là ma longue complainte, car après tout, c’est moi qui ai fait le choix de me la jouer « loup solitaire ».

Si le sujet de l’internet mobile vous intéresse, vous avez toutes les raisons de vous sentir concerné, j’organise une conférence en ligne ce jeudi 10 juillet à 13h sur la plateforme de Webikeo : Internet mobile, Usages, technologies et enjeux de la mobilité. L’inscription est gratuite, mais obligatoire, sinon vous ne pourrez pas vous connecter à la salle. Cette conférence ne durera que 45 minutes, mais elle vous donnera un bon aperçu du sujet et de l’orientation que j’ai donné à mon livre. Pensez à vous préparer un sandwich !

Nous vivons maintenant dans un monde mobile

« Tout le monde va bientôt avoir un smartphone« , c’est ce que nous disait Eric Schimdt (le président de Google) il y a quelques années. Mais ses déclarations du début d’année étaient beaucoup plus explicites : « la tendance était que le mobile était en train de gagner, il a maintenant gagné » (Eric Schmidt makes 2014 predictions, says mobile has won). Comprenez par là que le débat de savoir si les terminaux mobiles avaient plus d’importance que les ordinateurs est derrière nous. Pour être exact, le point de bascule a eu lieu en 2011.

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Il s’est vendu près de 1 milliard de smartphones en 2013 : 1.000.000.000 de smartphones, et on ne comptabilise même pas les tablettes ! (Smartphone sales may have topped 1 billion in 2013). En moins de 5 ans, les terminaux mobiles sont devenus majoritaires, un record historique en matière de rythme d’adoption, détrônant ainsi le couple Windows / Intel.

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Une croissance ultrarapide dopée par les marchés asiatiques et qui ne risque pas de ralentir avec la demande des marchés d’Amérique du Sud et d’Afrique. L’avènement des terminaux mobile n’est pas un phénomène à prendre à la légère , car il est en train de redéfinir l’accès à l’information et l’outil informatique en lui-même : Postmodern computing.

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J’imagine que vous connaissiez déjà ces chiffres, je pense qu’il est néanmoins important de revenir dessus pour bien mesurer l’ampleur du phénomène.

Le smartphone est la télécommande de notre quotidien

Même si le taux de pénétration des smartphones reste inférieur à la moitié de la population française, nous avons vraiment l’impression que les smartphones sont partout. Imaginez ce que ça sera dans deux ans quand la part de marché atteindra les 75% (une projection à peine optimiste). Déjà en 2011, j’analysais la place grandissante des smartphones dans notre quotidien, et cette place n’a fait que s’accroitre. J’adore l’analogie qui dit que les smartphones sont les doudous des adultes : toujours à portée de main, grâce aux smartphones nous restons en contact avec notre famille et nos amis, nous sommes omniscients et omnipotents.

Notre addiction aux terminaux mobiles est telle que les sociologues ont d’ailleurs identifié de nombreuses dérives comportementales : trouble du sommeil (Six in 10 Brits now sleep deprived because of smartphones and computers), angoisse liée à la perte de son téléphone (La nomophobie, le mal du XXIème siècle), peur de rater quelque chose (Do you have FOMO: Fear Of Missing Out?), mode des selphies… Pire : la dépendance aux smartphones augmente d’année en année (The Rise of the Mobile Addict).

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Vous vous doutez qu’un tel phénomène ne va pas être sans conséquence pour les annonceurs et fournisseurs de services en ligne. Ces mois j’ai ainsi repéré un certain nombre de signaux forts :

Bref, j’ai comme l’impression que tout tourne maintenant autour du mobile. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la grande majorité des statups rachetées par Facebook sont des applications mobiles. Pourquoi un tel engouement ? Parce que les smartphones rendent quasiment les mêmes services qu’un ordinateur (accès à l’information et aux services, divertissements…) mais tiennent dans la poche, sont tout le temps allumés  / connectés et permettent un fort niveau de personnalisation.

Une vision occidentale déformée de la réalité

Les mobiles ont donc conquis la planète. Oui, mais visiblement tout le monde ne s’en est pas encore rendu compte. La majorité des personnes que je croise dans mon quotidien professionnel considère encore le mobile comme une activité annexe, un complément du web. Les discussions que je peux avoir avec eux sont souvent abordées par un « nous avons une application mobile en préparation« . Oui et alors, je me suis déjà exprimé sur ce sujet il y a deux ans et la situation n’a pas évolué : les applications mobiles ne font que repousser l’échéance (Pourquoi lancer une application mobile ne sert à rien).

Certes, il y a ce fameux schéma que l’on sort à toutes les sauces pour justifier le recours aux applications mobiles : Apps Solidify Leadership Six Years into the Mobile Revolution.

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Le problème de ce schéma est qu’il est trompeur : les 2/3 des usages mobiles concernent des jeux, des applications sociales et de communication et Youtube (qui est installé par défaut sur les smartphones). Est-il réellement pertinent de comparer le temps passé sur un navigateur avec celui passé sur Angry Birds ou Snapchat ? C’est comme si vous me disiez : « les utilisateurs professionnels utilisent Outlook pendant les 99% du temps où leur ordinateur est allumé, nous n’avons donc pas besoin de site web, uniquement de newsletter« . Comme j’ai déjà eu de nombreuses occasions de le répéter : les applications mobiles sont un fantasme. Envisageriez-vous de développer un logiciel PC pour votre boutique en ligne ou site web ? Non, car vous trouveriez aberrant de devoir imposer à vos visiteurs le téléchargement, l’installation et le paramétrage de votre logiciel. Pour les smartphones c’est la même chose :  tout l’intérêt d’une application mobile est de proposer une expérience de qualité dans un contexte d’usage intensif : un jeu, réseau social ou outils de communication que l’on va consulter plusieurs fois par jour à la sauvette (dès qu’on a 3 minutes à perdre).

La réalité est que seule une minorité d’éditeurs peuvent justifier le recours à une application mobile : Ebay, Ventes privées, Voyages SNCF… Pour les autres, l’attachement à la marque est bien trop faible pour justifier le recours à une application. Chaque fois que j’aborde le sujet sur mes blogs, j’ai droit à une levée de boucliers des développeurs qui m’affirment que les utilisateurs veulent des applications mobiles rapides et efficaces. Je doute que les mobinautes expriment ouvertement l’envie d’installer une application native : ce qu’ils veulent c’est acheter des chaussures, vérifier un horaire d’ouverture, comparer des prix… peu importe la façon dont ils y parviennent, l’important est d’y arriver avec le moins de complications (cf. Les applications mobiles coûtent trop cher, misez plutôt sur le web).

Rassurez-vous, l’objectif de cet article n’est pas de relancer le débat sur application vs. site mobile, mais plutôt de vous faire bien réaliser que nous autres occidentaux, avons une vision déformée de la réalité, car une très large majorité de nos foyers ont un ordinateur et une connexion ADSL. Dans d’autres régions du monde, les terminaux mobiles sont le seul moyen d’accès à l’internet, voire le seul moyen d’émancipation (notamment pour les femmes en Afrique). Il résulte de cette vision déformée un manque de discernement évident des annonceurs et éditeurs de contenus / services en ligne qui consacrent un budget encore largement insuffisant aux opérations « mobiles ». Le décalage entre les budgets alloués aux médias traditionnels, au web et aux terminaux mobiles est énorme et surtout complètement déphasé par rapport à la réalité des usages et du temps passé sur chacun de ces supports. en faisant preuve de plus de pragmatisme, il faudrait investir beaucoup plus des terminaux mobiles qui sont au coeur de la vie des consommateurs, et non la télévision ou la presse qui sont maintenant en périphérie (cf. Quel avenir pour la télévision à l’heure du P2P et du SoLoMo ?).

 

EPSON scanner image
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En fait, ce dont nous avons réellement besoin est d’une rééducation complète autour de la mobilité. 10 années de croissance frénétique et d’innovation à marche forcée ont laissé les annonceurs et éditeurs dans une grande confusion vis-à-vis de ce qu’est réellement l’internet mobile. J’avais déjà abordé le sujet il y a 7 ans (Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilité), mais je pense qu’il est temps de revoir mon discours et d’être beaucoup plus explicite.

Mobile is dead

Matias Duarte, la chef du design au sein de l’équipe Android a dit cette phrase surprenante lors d’une interview récente : Matias Duarte, Head of Android Design on the Death of Mobile. Son explication est on ne peut plus juste : l’internet « mobile » n’existe plus dans la mesure où l’on ne peut plus réellement faire le distinguo avec l’internet « normal ». Les smartphones ont fait de tels progrès et les éditeurs ont apporté de tels changements que l’on accède maintenant indifféremment à un contenu ou service en ligne avec son ordinateur, son smarpthone ou sa tablette. La dimension « mobile » est obsolète, car les terminaux mobiles sont omniprésents dans nos usages et réflexes quotidiens.

Cette affirmation est en parfaite cohérence avec l’avènement du consommateur multicanal : il se moque bien des difficultés pour une chaine de distribution à opérer différents canaux simultanément (d’un point de vue informatique ou logistique), pour lui c’est la même chose. À partir de ce constat, tout est à revoir dans la façon d’appréhender le comportement des utilisateurs, leurs besoins, la façon dont les offres sont promues et vendues, et dans la relation qui va s’installer avec la marque. L’idée n’est pas de tout faire tourner autour des terminaux mobiles, mais plutôt de les intégrer dans toutes les étapes du cycle de vie des clients.

Les étapes les plus importantes selon moi sont celles de reconnaissance du besoin et de recherche d’information : au cours de ces étapes, un prospect va prendre conscience d’un besoin (une nouvelle paire de chaussures, une sortie, des vacances…) et immédiatement commencer à se renseigner. Pour cela, il va utiliser le terminal qu’il a sous la main : son smarpthone. Le problème est qu’il est en phase de recherche préliminaire (il se renseigne de façon informelle), il n’est donc certainement pas assez motivé pour installer les applications mobiles de toutes les marques ou services qu’il va utiliser. Si vous n’êtes pas présent dans de bonnes conditions lors de cette étape, il y a peu de chances que cet utilisateur pensera à vous quand il intensifiera ses recherches plus tard sur son ordinateur. Donc oui, effectivement, on n’achète pas sur un smartphone, par contre on se renseigne et on compare éventuellement les prix. Les marques et éditeurs de services qui ne proposent pas de version mobile de leur site se voient ainsi écartés des premières étapes du cycle d’achat. C’est à ça que sert un site web adapté aux terminaux mobiles : à rester dans la course. Développer une application mobile ne vous aidera pas à y parvenir, sauf si vous vous appelez Amazon et que votre taux de notoriété spontanée avoisine les 100%.

Tout ça pour dire que la mobilité est un dossier ultra-chaud autour duquel persistent de nombreux mythes et idées reçues. Il est grand temps que les marques et annonceurs retirent leurs oeillères et s’impliquent réellement dans un processus de transformation de leur communication, outils de vente, circuits de distribution, processus internes… Je suis en train de finaliser la rédaction d’un livre à ce sujet. J’en ai déjà écrit les 2/3, il devrait sortir le mois prochain. Je précise également que mes blogs vont subir une transformation radicale pour adopter une approche mobile first (c’est la moindre des choses après tout ce que je viens de raconter).

Microsoft et Google rattrapent leur retard sur Apple

En à peine 5 ans, le paysage de l’internet a été complètement transformé. Ça, vous le saviez déjà. Si l’internet mobile est un sujet qui a commencé à émerger au siècle dernier, c’est bel et bien le lancement de l’iPhone en 2007 qui a été le point de départ d’une authentique révolution industrielle, culturelle et commerciale. Du fait de la prime au premier entrant, la domination d’Apple sur cette période est incontestable et écrasante : la qualité de fabrication, la simplicité d’usage et la maturité de l’écosystème iTunes ont littéralement anesthésié les géants de la mobilité (Nokia, Blackberry, Sony…) qui ne s’en sont toujours pas remis.

Nous sommes maintenant presque en 2013, et force est de constater que la machine à innover d’Apple est à bout de souffleiPad mini, la fin du miracle ? Incroyablement inspiré et terriblement efficace, le rouleau compresseur de Cupertino s’est maintenant enlisé dans des cycles d’itérations technologiques insipides et dans une recherche de la rentabilité ne souffrant d’aucune pudeur. La complexification de la gamme iPhone / iPad et les nouveaux lightning connectors (qui rendent les derniers modèles incompatibles avec les accessoires précédents) sont les preuves les plus flagrantes de la nouvelle politique de « conception orientée rentabilité » adoptée par Apple.

iPhone-iPad

Loin de moi l’idée de remettre en cause la réussite de ce hold’up industriel, car il a été magistralement exécuté. Mais si vous regardez en détail ce qui a été annoncé lors de la dernière keynote (et même des précédentes), il n’y a plus vraiment d’innovation, simplement une course à l’armement pour des processeurs toujours plus puissants et des écrans à la résolution toujours plus fine. Si cette stratégie commerciale a bien fonctionné jusqu’à présent, elle ne fait plus de miracle et de nombreuses critiques fort bien argumentées commencent à se faire entendre : 5 Reasons You Shouldn’t Buy An iPad Mini et Dear Apple: I’m Leaving You.

Le problème ne vient pas de la qualité des produits, car elle reste globalement supérieure à la concurrence, mais au prix. Un iPhone 5 coûte jusqu’à 850 €, tandis qu’il faudra compter plus de 400 € pour iPad Mini, là où la tablette concurrente de Google est affichée à 200 €. Formulé autrement : l’écart de prix entre les produits mobiles Apple et la concurrence n’est plus justifié, car si l’iPhone et l’iPad sont encore deux fois meilleurs, ils sont 3 à 4 fois plus chers. Plus inquiétant encore : s’il aura fallu 5 ans à Google et Microsoft pour mettre au point des offres alternatives à peu près crédibles, ils sont en train de s’implanter durablement sur des créneaux où Apple ne peut / veut pas lutter.

À l’échelle de temps de l’internet, 5 ans représentent une éternité. C’est pourtant ce qu’il aura fallu à Google et Microsoft pour reprendre le leadership sur la partie matériel, un domaine qu’ils avaient délaissé au profit de constructeurs dont les cycles produits n’étaient plus du tout en phase avec le niveau d’exigences du marché (revu à la hausse grâce ou à cause des produits Apple).

Une nouvelle tablette Surface et un Windows 8 unifié pour Microsoft

J’imagine que vous avez dû entendre et lire tout un tas de choses sur la décennie perdue par Microsoft. Pourtant, la firme de Redmond n’a pas ménagé sa peine pour se remettre en course et tourner la page de ses succès passés avec les ordinateurs individuels : Microsoft prépare l’après-PC avec sa tablette Surface. La tablette hybride Surface est donc la partie visible du nouveau Microsoft, une firme high-tech qui envisage maintenant l’outil informatique dans toute sa diversité : ordinateurs fixes, tablettes, smartphones, objets connectés…

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Au coeur de cette révolution, il y a bien évidemment la toute dernière version de Windows, sortie il y a quelques semaines. Les changements y sont nombreux, notamment au niveau de l’interface, faisant ainsi grogner les utilisateurs n’aimant pas trop être bousculés dans leurs habitudes. S’il est encore tôt pour dire que cette huitième version de Windows est une réussite ou non, l’essentiel du travail semble avoir été fait en arrière-plan pour mettre au point un écosystème cohérent et partagé entre différents terminaux. Windows 8 s’accompagne ainsi de la sortie de Windows Phone 8, qui partage le même noyau (kernel en anglais). Je ne suis pas un spécialiste, mais les observateurs avertis s’accordent à dire que c’est un authentique tour de force, car ces deux OS proviennent de branches complètement différentes.

Si la Surface est le nouveau vaisseau amiral de la marque, avec un positionnement à mi-chemin entre tablette et ultrabook, la ligne de smartphones n’est pas en reste grâce à un partenariat très fort avec Nokia et d’autres constructeurs comme HTC pour proposer des machines très abouties.

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Si aujourd’hui Microsoft ne bénéficie pas de la même aura qu’Apple quand il est question de smartphones ou de tablettes, la firme de Redmond s’est donné les moyens de repartir sur des bases saines pour préparer une riposte d’envergure. Et c’est bien là où la domination d’Apple est en train de s’effriter : la marque à la pomme a investi tellement d’énergie dans le maintien de l’intégrité de son écosystème  pour verrouiller les bénéfices, qu’ils se retrouvent avec deux systèmes d’exploitation incompatibles (iOS et Mac OS) là où Microsoft semble avoir réunifié les siens (Windows et Windows Phone). Est-ce un problème dans l’immédiat pour Apple ? Non pas du tout. Est-ce un problème à horizon de 10 ans ? Oui tout à fait, car le processus de transformation du marché (usages et attentes) n’en est qu’à ses débuts.

Android, Now et gamme Nexus élargie pour Google

Concernant Google, une énergie considérable a été investie pour faire évoluer rapidement Android et pour sortir une gamme d’appareils mobiles performants : Nexus: The best of Google, now in three sizes. Si la prise de parts de marché des smartphones tournant sous Android a été pour le moins chaotique, les équipes de Google sont bien décidées à ne pas reproduire les erreurs du passé et se sont associés avec les plus grands constructeurs pour proposer trois produits de référence : les Nexus 4, 7 et 10 pouces. L’approche de Google n’est pas de proposer les produits aux caractéristiques techniques les plus avant-gardistes, mais de sortir des terminaux au rapport qualité imbattable. De ce point de vue là, la Nexus 7 proposée à 200 € est une réussite flamboyante.

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Outre la maîtrise du hardware et du software, Google semble mettre les bouchées doubles pour séduire les développeurs et faire de Google Play l’écosystème de référence pour les contenus numériques (applications, jeux, films, musique…).

Les ambitions de Google en matière de mobilité ne datent pas d’hier (Eric Schmidt les avaient déjà dévoilées en 2005), mais il leur a fallu un peu de temps pour recruter les bonnes personnes et synchroniser les équipes : Inside Android’s next wave: Building the Nexus 4, Nexus 10, and Android 4.2. Android est maintenant un rouleau compresseur lancé à pleine vitesse dont la maturité impressionne. Mais les efforts de Google ne s’arrêtent pas là, car leur plan d’ensemble ne s’arrête pas qu’aux terminaux. L’ambition de Google est de reprendre le leadership sur le hardware (la gamme Nexus), le software (Android), la place de marché (Play) et de lier le tout à l’écosystème Google (Google Now: behind the predictive future of search).

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Google Now est donc au coeur de la révolution de Google, celle qui va faire basculer Google dans le XXIème siècle, la révolution du web sémantique (Knowledge Graph), des médias sociaux (Google+), des contenus numériques (YouTube, Music…), du cloud grand public (Drive, Chromebook) et de l’informatique d’entreprise (Apps).

Là encore, il a fallu un peu de temps aux différentes équipes de Google pour s’organiser et se synchroniser, mais les différentes pièces du puzzle s’assemblent beaucoup mieux maintenant. Et pendant ce temps-là, que fait Apple ? Il facture 30 € l’adaptateur de son nouveau système de câble (lighting connector). Une « stratégie » très rentable à court terme, mais qui ne les aidera pas à basculer dans le prochain paradigme des outils informatiques et de communication.

Lightning connectors et un iTunes vieillissant pour Apple

Comme précisé plus haut, Apple n’est pas vraiment en danger pour le moment, surtout au regard de ses parts de marché. Par contre, la marque à la pomme se retrouve maintenant dans une situation délicate avec deux OS parfaitement incompatibles et un écosystème qui repose sur une aberration anachronique : iTunes. L’empire d’Apple et ses revenus sont en effet issus d’un écosystème régi par un logiciel vieillissant. Lourd, fermé, extrêmement contraignant… iTunes est le boulet dont Apple va avoir le plus grand mal à se débarrasser. De nombreuses lacunes liées à iTunes n’ont toujours pas été résolues, notamment son incompatibilité avec le monde de l’entreprise ou la gestion catastrophique des utilisateurs multiples. Les efforts faits par Google et Microsoft pour livrer leur OS respectif avec un mode « enfant » sont ainsi un bel exemple des problèmes qu’Apple devra résoudre pour ne pas accélérer la perte de parts de marché.

Si je ne peux que reconnaitre l’excellence de la fabrication des produits Apple (iPhone 5, Macbook…), sont-ils réellement compatibles à grande échelle avec une économie en crise ? La concurrence occidentale (Google, Microsoft, Amazon…) et asiatique (Samsung, Asus, HTC, ZTE…) finira nécessairement par mettre à mal une société qui s’apprête à relever un nouveau défi (l’Apple TV).

Ceci étant dit, à quel risque Apple s’expose-t-il : une forte perte de parts de marché ? Soit, mais Apple a toujours été une marque de niche. Je considère ainsi le succès auprès du grand public de l’iPhone ou de l’iPad plus comme des accidents industriels qu’autre chose. La concurrence s’est maintenant remise en ordre de bataille pour reprendre les parts de marché qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Une fois cette bataille livrée, il ne restera à Apple « que » 20 à 25% de parts de marché, soit sa zone de confort.

Nous sommes donc en train d’assister à la fin de la période de domination d’Apple. Une période qui leur aura permis d’engranger des dizaines de milliards de dollars de bénéfices. Une manne dont ils auront bien besoin pour opérer leur révolution et rattraper un retard en train de se former sur des chantiers de fond que Microsoft et Google sont en train de résoudre : fusion des OS, basculement des services dans les nuages, mise en place d’offres cohérentes pour les entreprises…

Les prochains mois vont être décisifs pour savoir si ce nouvel élan initié par Google et Microsoft leur permettra de développer des leviers concurrentiels suffisamment puissants pour convaincre les marchés grand public et d’entreprise. En attendant, je vais être particulièrement attentif à la nouvelle version majeure d’iTunes attendue pour les prochaines semaines…

Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?

Le week-end dernier, j’ai essayé d’expliquer à mes petits garçons ce qu’est l’internet. Un exercice de style à priori pas si complexe, mais qui nécessite d’expliquer également ce que sont les ordinateurs et les contenus numériques. Je ne vais pas vous raconter ma vie privée, mais pour faire court, disons que je les ai perdus en route (pourtant j’avais fait des schémas et tout). Plus j’y repense, et plus je me rends compte que je n’aurais jamais dû m’enliser sur ce terrain glissant et me concentrer sur ce qui les intéresse réellement : les contenus. Ils se moquent bien de comprendre comment fonctionne un ordinateur ou même le WiFi, tout ce qui les intéresse, c’est le contenu (de préférence en rapport avec les Pokemons).

Ce qui me mène au sujet du présent article : Après 30 ans de domination des constructeurs d’ordinateurs et éditeurs de logiciels (Microsoft, HP, Dell, IBM…), l’hégémonie des acteurs traditionnels de l’industrie informatique est aujourd’hui remise en cause par de nouveaux entrants (Google, Amazon, SalesForce…). Pourquoi ? Car les ordinateurs sont devenus une commodité, un moyen d’accès aux services et contenus proposés sur le web. Bien évidemment nous avons toujours besoin de processeurs, de cartes mères, d’écrans, de claviers… mais la comoditisation de l’équipement informatique est un phénomène inaltérable. Pire : Malgré la baisse régulière des prix pour les rendre toujours attractifs, les ordinateurs sont perçus comme des outils de plus en plus ringards, et dispensables (La fin de l’ordinateur individuel est programmée).

En à peine quelques années, les smartphones et tablettes se sont imposés comme des alternatives tout à fait crédibles aux ordinateurs traditionnels : plus mobiles (en raison de leur encombrement et autonomie), plus rapides (allumage en quelques secondes), plus versatiles (grâce à l’interface tactile, à la connexion 3G, au GPS…) :

  • Les ventes des smartphones et tablettes ont dépassé celles des ordinateurs en 2010 ;
  • Windows vient de passer sous la barre des 50% des parts de marché des terminaux connectés ;
  • Les smartphones et tablettes représentent déjà 5% de trafic en Europe…

Bref, vous l’aurez compris, le marché est en train de basculer en faveur des alternatives aux ordinateurs, et cette tendance va s’accélérer pour le grand public tout comme pour le marché de l’entreprise avec la montée en puissance des smartphones low-cost, la disponibilité de contenus et services offrant des expériences novatrices (Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicaleVers de nouvelles expériences d’achat et de consultation) et les offres de cloud. Je suis persuadé de ne rien vous apprendre en disant que les usages des smartphones s’intensifient au détriment de celui des ordinateurs, je tiens néanmoins à insister sur le fait que les smartphones et tablettes ne sont qu’une première étape de déportation des usages vers un ensemble de terminaux alternatifs (tablettes, cloudbooks, TV connectées…).

Les grands gagnants de cette nouvelle configuration de marché sont Google, Amazon ou SalesForce. Bien évidemment les acteurs historiques ne sont pas encore condamnés, mais ils doivent fournir des efforts considérables pour ne pas se laisser distancer, à l’image de Microsoft et Apple qui investissent lourdement pour trouver un second souffle et préparer l’avenir (avec respectivement l’interface gestuelle de Kinect et l’interface vocale de Siri).

Vous avez du mal à vendre ? Louez !

Il y a encore quelques années, quand vous achetiez un ordinateur, les constructeurs essayaient de vous refourguer par tous les moyens un accès à internet, source de revenus récurrents. Aujourd’hui, la bataille de l’accès ne compte plus, le prochain défi sera de vous vendre un abonnement pour que vous puissiez accéder à vos contenus depuis n’importe quelle terminal. Microsoft, Google, Apple ou Amazon s’efforcent ainsi de s’imposer comme le fournisseur le plus légitime en matière de cloud personnel. De même, dans le monde de l’entreprise, on ne vend plus des licences, mais des accès à des services en ligne. Il y a quelque mois, Marc Andressen faisait sensation en publiant un article intitulé « Why Software Is Eating The World« , je pense que sa vision et la mienne se rejoignent : La valeur ajoutée ne se situe plus dans le matériel, mais dans les services et contenus. Oui, il est toujours possible de dégager de grosses marges avec du hardware, mais tout le monde ne s’appelle pas Apple. Il est ainsi moins risqué et plus rentable de miser sur la monétisation des contenus et services, plutôt que sur les moyens d’y accéder (et cette approche se vérifie aussi dans d’autres secteurs : Airbnb CEO: The future is about access, not ownership).

À la question « Est-ce la fin de l’ordinateur individuel ?« , je réponds un grand « oui« . Encore faut-il que l’on s’entende sur ce qu’est un ordinateur individuel : Nous parlons bien des ordinateurs traditionnels. Je fais ainsi le distinguo entre un ordinateur portable et le Chromebook de Google. D’un côté nous avons une machine avec un disque dur pour stocker des contenus et des logiciels, de l’autre, nous avons une interface entre des utilisateurs et des contenus et services en ligne. Certes, les ordinateurs traditionnels assurent pleinement cette fonction d’interfaçage, mais les chromebooks sont définitivement moins complexes à prendre en main, initialiser et maintenir. À l’image des tablettes comme l’iPad : on les allume et on profite.

Une vision hédoniste de l’outil informatique

« Profitez« , je pense que c’est bien là le maitre-mot : après des décennies d’humiliation, la patiente des utilisateurs est à bout, ils ne veulent plus s’embêter à installer les bons drivers, mettre à jour et paramétrer les logiciels, s’assurer que les protections anti-virus  sont opérationnelles… Les utilisateurs veulent devenir de simples consommateurs de contenus et services, et pour cela, ils sont prêts à faire des concessions : troquer de l’évolutivité et de la souplesse contre de la simplicité et de la tranquillité, même si cela implique de se rendre dépend de Apple ou Google. Qu’importe, après tout ce sont des marques cool, non ?

Pour résumer une longue explication, j’écrirais ceci : nous quittons l’ère où nous capitalisions sur l’outil informatique (avoir une machine robuste et évolutive pour qu’elle puisse durer plus longtemps) pour rentrer dans celui des contenus et services pervasifs (qu’importe le terminal d’accès, l’important est que je puisse accéder à mes fonctions sociales, ma musique, mes jeux… et ceux depuis n’importe où).

Quel impact pour les marques ?

La grande question que vous devez maintenant vous poser est la suivante : votre offre s’inscrit-elle dans cette tendance ? Pour pouvoir sereinement anticiper l’avenir proche, vous devrez ainsi vous assurer que :

  • Vos produits sont consultables et achetables dans n’importe quel contexte (principalement en mobilité), de même que votre service client ;
  • Vos contenus sont accessibles au travers de différents types de terminaux (pas que l’iPhone ou l’iPad) et ils offrent une valeur ajoutée propre à chacun des formats (intuitivité de l’interface tactile, largeur de l’écran d’une TV, localisation d’un smartphone…) ;
  • Vous proposez une expérience sans couture à vos clients qui consulter vos contenus et exploiter vos services à différents moments de la journée et sur différents supports.

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous convaincre de démultiplier les points d’accès, mais l’étude récente de Brand Online Commerce devrait vous aider à sauter le pas : Les smartphones et tablettes représentent 10% des visites des sites web de mode et produits de beauté ainsi que 7 % des ventes en ligne. Encore plus intéressant : le taux de transformation des ventes réalisées à partir d’un iPad est supérieur de 42% à celui des boutiques en ligne. Ces chiffres ne me surprennent pas, car ils illustrent une réalité du marché : Acheter en ligne est devenu un acte banal (froid et sans émotion), alors que les terminaux alternatifs proposent des expériences plus enrichissantes pour les clients et prospects, d’autant plus s’il y a du contenu à valeur ajouté (Upcoming Zappos iPad App Mimics a Fashion Magazine et L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo). Et quand bien même vous n’avez ni les moyens, ni l’organisation pour produire du contenu, les smartphones et tablettes offrent d’innombrables opportunités pour réenchanter votre expérience de marque, à l’image de ce qu’à fait Audi au Brésil :

Au final, même si la transition entre les ordinateurs personnels et les nombreuses alternatives (Chromebooks, tablettes…) va prendre un certain temps, de nombreux annonceurs se sont déjà approprié ces nouveaux supports et parviennent à générer de nouvelles opportunités d’affaires grâce à des scénarios d’engagement novateurs.

Même si aujourd’hui l’essentiel des interactions en situation de mobilité est issu des terminaux Apple (iPhone et iPad), les alternatives low-cost (Android, Kindle) et les nouveaux formats (tablettes 7″, TV connectées…) vont venir bouleverser l’ordre établi. En d’autres termes : Ne pensez pas être à l’abri avec vos applications iPhone et iPad, car vous n’avez parcouru qu’une toute petite portion du chemin menant au nirvana du monde numérique – des contenus et services pervasifs pour des clients connectés en permanence et en recherche de nouvelles expériences.

Les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?

En moins de deux semaines, nous avons eu droit à une avalanche de nouveautés sur le créneau des smartphones : iPhone 4S, Droid Razr et Galaxy Nexus. Tous plus beaux les uns que les autres, les constructeurs semblent s’être lancés dans une course à l’armement : écran AMOLED, processeur bi-coeur, NFC, communication 4G, objectif de 8 M de pixels…

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Si cette débauche de technologie de pointe est très impressionnante sur le papier, elle pose néanmoins la question de la limite de la sophistication des smartphones. J’ai ainsi récemment acquis le dernier iPhone 4S, une petite merveille technologique qui est particulièrement performante pour les jeux. OK, mais à 850 Euros, c’est quand même le prix d’une Xbox 360, d’une PS3 ET d’une Wii !

Bref, tout ça pour dire que je pense que les smartphones sont en fin de cycle d’évolution : les constructeurs améliorent les caractéristiques techniques, mais ne proposent pas de réelles innovations d’usage. Quand vous regardez ce à quoi ressemblaient les smartphones il y a 10 ans (Infographie sur l’évolution des smartphones), vous vous rendez facilement compte que les smartphones ont déjà connu leur révolution, et je ne pense pas qu’ils en connaitront une autre. Un signe qui ne trompe pas : les deux principaux leviers de différenciation des constructeurs (4G et NFC) tentent de résoudre des problèmes qui n’existent pas réellement.

Depuis quand est-il compliqué de payer avec une carte bancaire ?

En matière de smartphone et de téléphonie mobile, le gros sujet du moment est le paiement mobile avec NFC. Les constructeurs et industriels font en ce moment d’énormes efforts pour nous faire comprendre que NFC et le smartphone sont la solution à notre problème de paiement. Heu… personnellement je n’ai pas de problème de paiement : je réalise mes achats avec ma carte bancaire (ça me prend 30 secondes pour payer) ou avec de l’argent liquide (il y a toujours un distributeur de billets pas très loin).

Je veux bien croire que depuis l’arrêt de Moneo il faut préparer l’arrivée d’une autre solution, mais force est de constater que les utilisateurs ne sont pas forcément demandeurs d’une solution intégrée aux smartphones. Visa, Mastercard, American Express, Google… unissent leurs forces pour évangéliser NFC en tant que moyen de paiement, mais c’est selon moi faire une fausse promesse car :

  1. NFC n’est qu’une norme de communication, il faut bien plus qu’une puce NFC dans un smartphone pour réaliser une transaction (Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?) ;
  2. Il existe de nombreuses alternatives, notamment d’autres normes de communication comme Bluetooth (The Mobile Payments Race Heats Up: Low Energy Bluetooth vs. NFC), les codes 2D (comme le proposent LevelUp ou Kuapay) ou NFC 2.0.

Vous pourriez me dire qu’ils existent quantité d’autres usages innovants que pourrait apporter NFC, et je serais bien d’accord avec vous : il existe quantité de domaines d’application potentiels dans les jeux (Nokia Launches New NFC-Enabled Games), le commerce local (BrandTable, NFC concept that will alter your food court experience) et tout un tas d’autres domaines (Near Field Communication: A Quick Guide to the Future of Mobile).

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Le problème n’est pas de trouver des domaines d’application pour NFC, car il y en a des tonnes, mais de susciter l’adhésion du grand public. Loin de moi l’idée de jouer les vieux de la vieille, mais tous les scénarios d’usage décrits ont une proposition de valeur pas très éloignée de ce que proposait Ericsson au siècle dernier avec Bluetooth. Donc pour résumer : ce n’est pas parce que c’est techniquement possible que les utilisateurs l’adopteront. L’histoire regorge de technologies de pointe qui n’ont pas su trouver leur public.

Y a-t-il vraiment un problème avec la 3G ?

Autre grande bataille dans laquelle se sont lancés les opérateurs du monde entier : la course de vitesse pour déployer la 4G. Là encore, les industriels rivalisent d’ingéniosité pour nous vendre des scénarios d’usages plus proches du fantasme que de la réalité.  J’aime bien le foot, mais je ne vois pas l’intérêt de regarder un match entier en Full HD 3D sur un écran de 10 cm de large. Vous pouvez dire que je force le trait en jouant les rabats-joie, mais force est de constater qu’à part les travailleurs nomades (un marché de niche), la demande pour la 4G est plutôt faible.

Le problème n’est pas tant de savoir si l’on a besoin d’un débit important en situation de mobilité, que d’exploiter la 3G à son plein potentiel. Il existe déjà des offres très compétitives pour de la 3G+ (norme HSDPA) qui suffisent largement. D’autant plus qu’en matière de mobilité, l’important n’est pas le débit, mais le ratio entre débit et consommation d’énergie. De ce fait, les normes comme WiMAX sont à proscrire au profit de la norme communément admise (LTE) qui n’est pas réellement de la 4G, mais de la 3,9G. Rendez-vous compte : les opérateurs peinent à trouver des scénarios d’usage crédibles, et en plus ils ont la lourde tâche de nous vendre de la fausse 4G !

Il existe bien des usages comme la visio-conférence ou la vidéo HD, mais ils représentent une proposition de valeur trop faible pour justifier le prix du forfait. À mon sens, les deux seuls usages réellement intéressants sont la VoIP et les services liés au cloud computing. Autant je ne suis pas convaincu par Spotify ou Skype avec mon forfait actuel, autant ça pourrait m’intéresser avec un réseau 4G. Mais encore une fois, tout le problème est de faire se rencontrer la demande (les usages et services) avec la bonne offre (le prix des forfaits).

Vers une reconfiguration du marché

Comme nous venons donc de le voir, les innovations que les industriels veulent nous vendre (NFC, 4G…) ne correspondent pas à un réel besoin des utilisateurs, ni une réalité du marché. Si les smartphones sont en fin de cycle d’innovation, ils vont donc basculer dans la case « vache à lait » et devenir des produits de commodité, d’où l’intérêt de surveiller de près les smartphones low-cost.

Une autre solution serait de ne pas miser sur le matériel, mais sur le service. C’est ce que tente de faire Apple avec son nouvel assistant personnel Siri.

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L’astuce n’est pas de rendre le téléphone plus intelligent, mais de lier le matériel à un service en ligne (l’iPhone ne fait qu’interpréter votre voix et envoyer une requête dans l’attente d’une réponse). À partir de là, libre à Apple d’enrichir Siri avec des applications et services tiers pour vous proposer une interface vocale réellement viable. Pour le moment ce fameux Siri est en mode beta et n’est (en théorie) pas connecté à d’autres services, même s’il est possible de contourner cette limitation : Remember the Milk and Siri on an iPhone 4S Work Together for Reminders.

Outre ce Siri qui fait déjà des émules (Iris Is Sort Of Siri For Android), les constructeurs de smartphones sont donc dans l’impasse. La solution sur laquelle ils semblent tous travailler est d’amener les clients sur les tablettes qui offrent de véritables innovations de rupture : Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicale. Sur le papier, la manoeuvre est mutuellement profitable : les clients retrouvent leurs marques et leurs contenus tout en bénéficiant d’une expérience enrichie, les industriels et opérateurs factures deux machines + deux forfaits + chaque application en double. Le problème est qu’il y a un fort taux de déperdition en route, la promesse des constructeurs est donc de vous proposer une expérience sans couture avec un système d’exploitation et un écosystème de contenus / applications unifié : iOS pour Apple, Android pour Google, BBX pour BlackBerry. Pour le moment Microsoft est encore en train de finaliser le lancement de Windows Phone, mais la convergence avec Windows 8 se précise petit à petit.

Selon ce schéma, Apple se taille la part du lion avec une part de marché écrasante en faveur de son iPad. Tout comme pour les smartphones, Apple défriche et Google récupère le gros du marché en propulsant les machines d’entrée de gamme. Une stratégie intéressante, car elle permet de toucher une population bien plus large (Quel sera l’impact des touchbooks low-cost ?). Mais sur ce coup là, ils devront composer avec Amazon qui vient jouer les trouble fête : Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle. Une solution serait de racheter Kobo (qui se positionne en concurrent direct avec son tout nouveau Kobo Vox), mais la marque appartient au groupe Indigo / Chapters, ce qui risque de poser un problème d’abus de position dominante.

Bref, la situation est loin d’être simple : les relais de croissance du segment des smartphones sont à la fois compliqués à mettre en oeuvre et coûteux à acquérir.

 Conclusion

Revenons à nos moutons et à la question que j’essayais de traiter en début d’article : les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ? Oui, j’en suis persuadé. Nous allons donc entrer dans une phase de rationalisation du marché et de comoditisation de l’offre. Autant vous dire que les marques qui sont encore en train de se poser la question de la pertinence d’une application iPhone ont intérêt à rapidement se décider, car le marché et les usages vont très rapidement évoluer.

Pour ceux qui ont déjà expérimenté une application pour smartphone, l’heure est maintenant à l’industrialisation de leur présence sur les terminaux mobiles. La prochaine étape consistera à s’intéresser de près aux tablettes et aux autres terminaux alternatifs, dont les TV connectées (entre autres).