Vivement la fin du conflit entre Apple et Adobe

Apple et Adobe sont des partenaires de longue date, à une époque où Macromedia n’avait pas encore été racheté par Adobe et où Apple recommençait à gagner des parts de marché. Aujourd’hui cette époque semble bien lointaine quand on observe la polémique entre ces deux sociétés : les coups bas et déclarations rageuses fusent dans tous les sens et ce n’est pas très joli à regarder. Pour résumer une longue histoire, disons qu’Adobe et Apple est un vieux couple et quand les vieux couples se déchirent, ça fait mal.

Avant que tout ceci ne dégénère, il y a bien des problèmes de performance avec Flash sur Mac OS (le plugin consomme plus de ressources qu’il ne devrait), mais de toute façon les Macs sont largement surdimensionnés pour l’usage quotidien que nous en faisons (web, bureautique…). Les reproches étalés au grand jour me font penser qu’il y a plus de l’émotionnel que du rationnel dans cette histoire. Comprenez par là que ce conflit est à mon sens plus dû à un excès d’égo et de testostérone que de prises de position stratégiques. Avec la sortie récente de l’iPad, Apple est la reine du bal et elle tourne le dos à ses anciennes copines, c’est moche et dans cette histoire tout le monde perd.

Avant de me lancer dans de longues explications, laissez-moi vous rappeler quelques points fondamentaux :

  • L’iPhone n’a pas besoin de Flash, l’iPad non plus puisque c’est un gros iPhone ;
  • Flash est inscrit dans l’ADN du web ;
  • Flash et HTML5 ne peuvent pas être comparés ou substitués ;
  • L’informatique n’est pas binaire.

Flash pourrait être néfaste à l’expérience utilisateur de l’iPhone et de l’iPad

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ce sujet (Pourquoi l’iPad n’a pas besoin de Flash) aussi je me contenterais de vous faire une synthèse :

  • Le succès de l’iPhone (et celui en devenir de l’iPad) repose sur une maîtrise de l’interface et de l’expérience utilisateur (au travers de guidelines très strictes imposées par Apple : Tout savoir sur l’interface de l’iPhone) ;
  • L’iPhone parvient sans problème à compenser l’absence du support de Flash au travers de ses nombreuses applications ;
  • Flash est la porte ouverte à d’innombrables possibilités d’interfaces et nombreuses dérives (et ce n’est pas du tout l’orientation choisie par Apple) ;
  • L’iPad n’est qu’un gros iPhone, ce n’est pas péjoratif mais c’était un compromis nécessaire pour sortir une machine viable avant tout le monde.

Pour conclure je dirais que la posture d’Apple a toujours été d’imposer le menu du jour à ses clients, contrairement à Microsoft qui propose un repas à la carte (et Google qui propose un buffet gratuit). Celles et ceux à qui ça ne plait pas peuvent… se chercher un autre restaurant. L’objectif d’Apple n’est pas de conquérir l’intégralité du marché, seulement les parts les plus juteuses.

Pour le moment il n’y a pas d’alternatives d’envergure à l’iPad (Microsoft vient d’abandonner son projet Courrier et HP vient de reporter la sortie de sa Slate), il faudra donc attendre de voir ce que Google peut proposer au travers d’une version dérivée d’Android ou de Chrome OS avec des partenaires constructeurs. D’ailleurs Adobe a décidé de mettre le paquet sur cette piste : Moving Forward.

Flash est un standard comme les autres

Dans sa lettre publiée sur le site d’Apple (Thoughts on Flash), Steve Jobs avance des arguments biaisés sur le manque d’ouverture des technologies d’Adobe (et plus particulièrement de Flash). Pour résumer un long discours je dirais ceci : Flash est une technologie propriétaire mais qui fait maintenant complètement partie de l’ADN du web, au même titre que d’autres technologies propriétaires comme JPeg, MP3 ou PDF.

Les utilisateurs tout comme les éditeurs et tout comme les agences travaillent au quotidien avec Flash et il n’est en aucun cas question d’abandonner cette technologie. L’industrie publicitaire repose par exemple sur Flash. Penser que les utilisateurs vont se mettre à massivement désinstaller Flash pour le plaisir et la fierté d’utiliser des standards open source est d’une naïveté déconcertante. C’est d’autant plus absurde qu’Adobe a commencé à libérer certains codes source : Vers un flash player en open source pour la fondation Mozilla ? et Adobe libère le code source de Flex.

Pour finir sur ce point, je me contenterais de citer un chiffre qui pour moi est tout à fait significatif : Flash est installé sur 99% des ordinateurs, c’est presque 10 points de plus que javascript !

Apple aussi propose un plugin : Quicktime

Il est amusant de constater comme Steve Jobs est prompte à donner des leçons sans toutefois se remettre en question. Il nous dit qu’il est néfaste d’utiliser une technologie propriétaire (Flash) pour faire de la vidéo en ligne, mais il ne précise pas ses plans concernant Quicktime. Si HTML5 est l’avenir de la vidéo en ligne, donc l’offre d’Apple sur les bandes annonces est condamnée, non ?

Donc comme bien souvent chez Apple, c’est « faites ce que je dis, pas ce que je fais« .

HTML5 ne remplacera jamais Flash, tout comme Flash n’a jamais remplacé HTML

Autre argument avancé par Steve Jobs : Flash c’est le passé car HTML5 est l’avenir. Encore une vision très réductrice de la réalité du marché. Là encore je vous invite à lire l’article que j’ai déjà publié à ce sujet (Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés) et dont voici un résumé :

  • L’objectif de Flash n’a JAMAIS été de remplacer l’HTML mais plutôt de le compléter  (d’ailleurs ont ne fait pas un site en Flash, on fait un site en HTML avec essentiellement du Flash dedans) ;
  • HTML5 est une spécification en cours de standardisation (les travaux seront sûrement finalisés dans le courant de l’année) dont moins de 10% des navigateurs sont capables d’interpréter ;
  • Flash représente aujourd’hui 75% des parts de marché de la vidéo en ligne, il existe bien un lecteur vidéo en HTML5 (le SublimeVideo Player)  mais il est très loin de pouvoir proposer ce que font les autres lecteurs qui reposent sur des plugin (Flash ou Silverlight) : Zones réactives, adaptative streaming, smooth streaming, ajout de sous-titres ou de publicités contextualisés… idem pour le codec H.264 qui n’est en rein un concurrent de Flash (Flash ‘vs’ H.264 demystified) ;
  • Flash n’est pas qu’une technologie, c’est un immense écosystème d’agences, de SSII, de développeurs indépendants, d’organismes de formation, de producteurs de contenus… qui ne sont pas prêt de modifier radicalement leur façon de travailler tout ça parce que Steve Jobs est mal luné ;
  • Vous n’aurez jamais à choisir entre HTML5 et Flash (les deux se complètent).

Certes, les possibilités offertes par HTML5 sont grisantes (HTML 5 + CSS 3 = une révolution pour les interfaces web) mais il a fallu 10 ans au W3C pour passer d’HTML4 à HTML5. D’ici à ce que sorte HTML6, Flash aura fait des progrès considérables. Ce débat entre HTML et Flash n’est le fruit que d’analystes du dimanche, les vrais professionnels du web savent que les deux se complètent et qu’il n’a jamais été question de remplacer l’un par l’autre.

Et à celles et ceux qui pensent que Flash a été conçu pour les ordinateurs (avec souris / clavier) et que cette technologie n’est pas faite pour les nouveaux terminaux tactiles, je vous invite à lire ça : Lessons Learned – Adventure in Multitouch.

L’informatique de demain sera nomade (en partie) (mais pas tout à fait) (enfin ça dépend)

Il y a par contre un point très intéressant soulevé par Steve Jobs dans sa lettre : le fait que l’outil informatique est en train de changer et que les ordinateurs vont perdre des parts d’audience au profit de nouvelles générations de terminaux (cf. 2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ? et L’avenir de l’informatique est-il au mobile ou au tactile ? Les deux – en partie). Par contre là où je ne suis pas du tout d’accord, c’est sur le manque de mesure des propos du patron d’Apple : l’informatique de demain sera bien nomade, mais dans un horizon d’une dizaine d’années et uniquement pour des usages grand public, en entreprise la situation est complètement différente.

Bref, annoncer la mort de Flash sous prétexte que les terminaux nomades à la sauce Apple (iPhone et iPad) vont dominer le monde est une vision encore une fois très naïve de la dynamique de marché : Ces terminaux vont s’inscrire dans notre quotidien mais ne vont pas remplacer les autres. Pour faire une analogie maladroite, c’est comme si vous me disiez que le web allait replacer la télévision. Les utilisateurs ne sont pas binaires, ils partagent leur attention entre différents médias au travers de différents supports et terminaux. Tout est donc une question de parts d’audience qui vont progressivement évoluer dans les pays occidentaux. Loin de moi l’idée de jouer les démagos, mais une très large partie de la population mondiale n’a et n’aura jamais accès à l’outil informatique (fixe, mobile, nomade ou tactile). Et vu les tarifs de l’iPad 3G, la situation ne risque pas de changer !

Conclusion

Au final la question qui me vient à l’esprit est la suivante : À qui la faute ? Il y a plusieurs éléments de réponse qui plaident en faveur d’Apple :

  • C’est Adobe qui a ouvert les hostilités en s’invitant de force sur l’iPhone, forçant ainsi Apple a durcir le ton et à modifier les conditions générales d’utilisation du SDK ;
  • Steve Jobs cherche à protéger un terminal et un écosystème à la réussite flamboyante qui provoque la jalousie de l’ensemble des acteurs de l’industrie (il ne fait que son boulot de CEO) ;
  • Mettre au point un environnement d’execution performant sur un terminal mobile demande des efforts et des moyens considérables, pourquoi Apple devrait-il investir du temps et de l’énergie dans le projet de portage de Flash sur l’iPhone alors que le marché ne le réclame pas réellement (les ventes croissantes sont là pour le prouver) ?

Pour le moment le torchon brûle entre Apple et Adobe. Ce dernier c’est d’ailleurs trouvé en Google un allié de choix et Android va devenir la plateforme mobile de référence dans ce monde post-iPhone. Google a aussi d’autres armes pour contrer Apple et son iPad, à commencer par Chrome OS qui pourrait bien devenir l’OS de référence pour les netbooks et touchbooks, et le rachat récent de BumpTop (la technologie de bureau 3D) devrait ouvrir encore plus d’opportunités.

48 commentaires sur “Vivement la fin du conflit entre Apple et Adobe

  1. Comment une spécification fermée peut-elle avoir de l’avenir face à de futurs standards ouverts ?

    Flash est vieillissant et ne rapporte que des miettes alors que HTML5&cie se lancent dans la vie, c’est la bataille du jeune con face au vieux con. Le survivant gagnera.

  2. Pour une fois (et c’est assez rare ;)), je ne suis absolument pas d’accord (au moins sur la première partie de l’article).
    Déjà sur la formule « l’ADN du web », qui est certes jolie, mais totalement fausse d

  3. … bug d’envoi, désolé….
    Suite :
    Déjà sur la formule “l’ADN du web”, qui est certes jolie, mais totalement fausse dans les faits : le web c’est HTML, donc HTML 5 dans le futur (plus proche que tu sembles le prévoir). Flash n’est qu’un ajout, de même que Javascript ou autres dérivés.

    Le PROBLEME de Flash (et de Javascript), ce n’est pas tant les débats « proprio – libre » (légitimes par ailleurs), c’est surtout la PERFORMANCE…
    Tu peux faire le test : une simple page html « pur », comparée à la même page avec une simple animation flash, c’est l’enfer…
    Bien sûr, il est NORMAL que le cpu chauffe un peu plus avec l’animation, je n’attends pas les mêmes chiffres. Mais de là à passer de 10% à 90%, NON…
    C’est pour cette raison que la formule « Flash c’est le mal » s’est répandue, et avec raison (d’autant que c’était à une époque où les processeurs étaient moins puissants qu’aujourd’hui).

    Les éditeurs (Microsoft et Mozilla) ont dernièrement ciblé leurs efforts sur la performance Javascript. C’est pas pour rien…
    En revanche, on n’a pas vu les mêmes améliorations sur Flash.
    D’où l’idée séduisante (mais peut-être utopique…) de HTML 5 pour remplacer Flash…

  4. Bonjour,
    Je n’aurai qu’une chose à dire :
    « Flash fait partie de l’ADN du web » -> heureusement que l’ADN peut muter…
    Certes il y a un gros eco-système autour de Flash, mais pour survivre dans l’informatique (et le web) il faut s’adapter pour être dans le bon wagon…

    @Henri : Google Analytics qui est vraiment important pour beaucoup… Sinon, Très peu de sites sont autorisé à afficher du Flash avec ClickToFlash… C’est une des raisons qui me poussent à garder Flash sur Safari.

  5. @ r3gis > Oui tout à fait, c’est bien de HTML5 + CSS3 + … dont on parle. Flash est et restera à mon avis le meilleur moyen de faire des interfaces riches (avec Silverlight). Le fond du problème est de savoir si HTML5 & cie a pour vocation de faire des interfaces riches…

    @ Rorto > OK mais si le standard fermé avance 3 fois plus vite que le standard ouvert ? Partant de ce principe l’iPhone / iPad est condamné…

    @ Mpok > Oui il y a un problème de performance de Flash sur Mac OS et sur les OS mobiles, mais Adobe y travaille. Je ne pense pas que l’on puisse comparer les performances d’une page de texte HTML avec une page animée par Flash, elle est forcément plus lourde et gourmande. Le moteur javascript est effectivement une des clés de la performance et ce n’est pas un hasard si Adobe a décidé de confier l’évolution du moteur JS de Flash à la fondation Mozilla.

    @ Henri > Quasiment l’intégralité des sites que je visite utilisent Flash (de façon plus ou moins intensive).

  6. « Le PROBLEME de Flash (et de Javascript), ce n’est pas tant les débats “proprio – libre” (légitimes par ailleurs), c’est surtout la PERFORMANCE… »

    Foutage de gueule … HTML5 is so slow : http://www.riagora.com/2010/04/flash-performances-on-mobile/

    Flash c’est comme toute technologie … on peut très mal s’en servir … on peut faire du HTML5 + Javascript très dégueulasse aussi …

    A part les grosses absurdités que sortent les uns et les autres à propos de Flash sans connaître le fonctionnement réel de cette techno et surtout ce qu’il y a dans les pipes d’Adobe (FP 10.1, Flash Lite 4, Flex 4), tout a été dit et redit.

    Qu’on me présente déjà un lecteur vidéo HTML5 viable … surtout au niveau du back-office.

  7. Amha il y a 3 aspects de la question qui s’emmêlent :
    * la pérennité de Flash vs Html5 sur le web « traditionnel »
    * la place de Flash sur un marché en plein essort : les appareils mobiles (phone, tablette..)
    * le terminaux web qui, au regard de certains observateurs, sont en passe de se migrer (plus de terminaux mobiles dédiés au surf et aux applis web, moins de stations de travail)

    Je trouve que Rorto a bien résumé la question en disant « la bataille du jeune con face au vieux con ». Et j’ajoute que la présence de Flash ralenti l’évolution du standard HTML. Car c’est le besoin qui créé la solution, or aujourd’hui Flash est la solution.
    Dans un monde où Flash n’existerait pas, le HTML aurait depuis belle lurettes proposé des spécificités avancées et ne se serait pas cantonné à de la mise en page basique (un peu interactive certes).

    Bien sûr que Apple veut protéger ses plates bandes en fustigeant contre Flash. Et même si Jobs agit par intérêt, on ne peut que l’encourager car il donne un coup de pied dans la fourmilière, et au final il n’y aura pas que Apple qui en sortira gagnant, mais aussi le standard du w3c.

  8. @ Thomas Builder > Pareil, les lecteurs vidéo HTML5 sont très loin de proposer ce que peuvent faire les players Flash, Silverlight ou… Quicktime (au hasard).

    @ Julien > « la bataille du jeune con face au vieux con » ? Comme l’opinion publique a bien changée… Il y a 6 ans quand je parlais de standards web et d’accessibilité sur ce blog on ne me traitait pas de vieux con mais plutôt de rétrograde car cela allait à l’encontre de l’innovation (Flash). La force de Steve Jobs est de nous faire croire que HTML5 est une innovation par rapport à Flash, quelle ironie…

    @ Julien > Oui au final il vaudrait mieux scinder cette discussion selon ces 3 perspectives (web, mobile, tactile) car les enjeux / besoins / contraintes sont très différentes.

  9. @Henri: même si je n’en suis pas un utilisateur direct … que dire de Farmville (60 millions d’utilisateurs – et en Flash) ou de Dofus?

  10. Je n’aurais pas écrit mieux que Lanza.
    En effet, je prédis la mort de flash depuis 10 ans.
    Force est de constater que j’ai tort.
    Les substituts existent depuis 10 ans. Ils s’appellent SVG et SMIL.
    La grande force de Macromedia ne réside pas dans le format propriétaire de SWF mais dans l’outil auteur qui lui est associé.
    Si on avait eu la même chose (aussi facile à utiliser) pour SVG et SMIL, le SWF n’aurait jamais pris cette place.

    Donc oui, les formats propriétaires n’ONT PAS leur place sur Internet.
    99,99% des internautes s’en tapent et bon nombre de multinationales tentent d’imposer leurs formats.

    Pourtant, si les formats ouverts n’étaient pas à la base du réseau des réseaux force est de conclure que ce dernier n’existerait pas et serait en fait un agrégat de réseaux interconnectés ayant chacun ses propres protocoles et sa propre clientèle captive.

    C’est la raison pour laquelle, entre autres, je ne comprends PAS les débats qui ont lieu actuellement sur la neutralité du Net.
    Ou, plutôt, je les comprends trop bien à la lumière des multiples tentatives de fermeture du réseaux des réseaux par des Time Warner, des MPAA et d’autres COMCAST voire pas mal de gouvernants.

    Quand au respect des standards de la part d’Apple, pardon, mais c’est une vaste blague. Aucune société tant soit peu puissante n’a d’intérêt à « ouvrir » ses produits et à utiliser des standards mais bien plutôt de fermer son écosystème afin de pérenniser ses investissements et s’assurer ainsi un fond de roulement, gage de l’appui des actionnaires.
    L’écosystème d’Apple est-il ouvert ? Certainement pas. C’est le plus fermé des écosystèmes actuels.
    Rien que le protocole de liaison entre l’iPhone, iTouch, iPad et son hôte USB est propriétaire tout comme le connecteur !

    Alors, Apple : camembert !

    db

  11. « Pareil, les lecteurs vidéo HTML5 sont très loin de proposer ce que peuvent faire les players Flash, Silverlight ou… Quicktime (au hasard). »
    On est d’accord.

    Pour reprendre les propos de Gourmet, ça fait 10 ans que Linux fait au moins aussi bien que Windows et pourtant on a toujours 95% des postes sous Windows ^^

    ça porte un nom… la réticence humaine au changement et la seule solution c’est la lente et complexe « conduite du changement ».

    En tant que geeks, on parle trop de technologies, mais pas suffisamment d’êtres humains, de sociologie, d’habitude, or c’est là que réside la clé de tous ces enjeux.

    Steve jobs veut changer une habitude, celle d’utiliser la Creative Suite d’Adobe pour produire du contenu web. Il veut percer un business bien verrouillé par Adobe. ça s’appelle de la stratégie d’entreprise.

  12. Bonjour,
    Je fais des sites depuis 12 ans maintenant et je vois l’évolution dans la création de sites que je fais, il y a 4 ans je ne faisais pratiquement que des sites en flash, les clients voulaient que ça bouge et que l’internaute en ait plein les yeux.
    Maintenant à part une petite animation, un bandeau pub ou un diaporama spécifique, plus de sites flash car les clients changent et leur culture du web est beaucoup plus importante, ce qu’il veulent ce sont des résultats c’est à dire des clients, une navigation simple, un beau design et de l’information pour l’internaute (sans parler du référencement).
    Donc pour moi si flash n’est pas mort et je pense qu’il n’est pas près de mourir car il a encore sont utilité pour les jeux et les petites animations, il a passé son heure de gloire car avec AS3 il est devenu un outil plus destiné aux développeurs qu’aux graphistes et de plus a perdu en fiabilité du fait qu’il fait planter les navigateurs.
    Donc adobe, repensez donc votre produit sinon il s’éteindra à petit feu.

  13. Les 2 technos vont tout simplement cohabiter, et je crois que ceux qui prédisent que HTML5 + Whatever va bouffer flash prochainement n’ont jamais bossé avec flash et/ou bossé en agence. Ce sont 2 choses différentes.

    N’oubliez pas que tout ce que veut l’utilisateur c’est que ça marche. Et flash ça marche.

    Je ne parle même pas de la position dogmatique et effrayantes de certains qui préfèrent pas de contenu du tout à du contenu non accessible et non standard. Quelle belle perspective !!

    une analyse rapide :
    http://www.mariejulien.com/?post/2010/05/08/Pourquoi-flash-va-survivre

  14. Sans remonter à la préhistoire, il est arrivé assez souvent à Apple (comme à d’autres; atari, amiga, etc) de développer des idées, des sytèmes innovants sans être bien protégés d’un point de vue brevet et de se retrouver dans l’eau froide.
    Mais, une chose n’a jamais changé dans la tête de Steve Jobs. Son objectif ultime a toujours été de rester maitre d’oeuvre d’un produit de sa conception aux conditions de son utilisation.

    Il y a 20 ans, être un fabricant d’ordinateur ne voulait pas dire fabriquer aussi son systeme d’exploitation, sauf pour Apple, qui voyait déjà un intérêt à la chose..sauf que les moyens pour y parvenir étaient démesurés. Et pourtant, Os 4, 5, 6, 7, 8, et 9 se sont succédés dans une voie et avec une méthode totalement originale par rapport aux standards( DOS, ..).

    Tout au long de cette route, le désir de produits élaborés de manière homogène est resté le même ( malgré un court moment où S Jobs fut écarté)
    C’est pourtant bien, cette conception de maître d’oeuvre qui leur à permis très récemment de progresser de manière décisive et de dépasser la concurrence (la sortie de l’Iphone).

    Apple est-elle très fermée ? un peu ouverte ? très ouverte sur certains points ? C’est selon, comme tout le monde…
    Apple reste un concepteur de produit qui cherche à réussir tout simplement; parfois en aidant le développement d’un logiciel libre, parfois en soutenant un standard (usb) parfois en abandonnant un standard (disquette) mais toujours dans le même but, avancer vers des produits innovants homogènes et dont Apple considère qu’il doit contrôler l’amont et l’aval, pour réussir..
    C’est une société privée qui cherche d’abord à faire sa percée sur un marché avant de devenir un standard de fait. Et pour une percée…c’est plutôt un coup de maitre…
    Faire plier en interne le marketing, les techniciens, les financiers, les designers, déplacer le travail des équipes de développement système 10 qui bossaient su la 10.6 pour « inventer » une version Iphone Os et contraindre à la discrétion à l’extérieur, les industriels, les journalistes, les développeurs externes d’applications, pour que, quelques mois après sa sortie, l’Iphone prennent la moitié d’un marché en valeur, on n’aurait pas pu le croire avant, même si cela semble pour tous comme évidemment maintenant….

    La démarche n’a pas changée, elle a attendue le moments d’avoir les moyens de se mettre en place.
    Aujourd’hui, Apple veut encore pousser plus loin son avantage, mais aussi l’homogénéité et l’intégration de son Ipad. Pour ce faire, il est même devenu fabricant de processeur…et demain peut-être fabricant de batterie, ou d’écran tactile, etc. Vas-t-on lui reprocher de ne pas faire de batterie « libres » ?

    Si Apple trouve ce qu’elle cherche, elle achète, sinon, elle reste déterminée à trouver les moyens de faire elle-même. J’aimerai que beaucoup d’autres sociétés aient la même envie.
    L’attaque frontale envers flash est aussi une critique de ce qui consomme de l’énergie, fait prendre des risques de sécurité, alors que des produits plus labellisés existent , plus ou moins libres, et qui finalement font la même chose; montrer des vidéos.
    Pour Apple ces « détails » font toute la différence, ils veulent obtenir la meilleure performance en terme d’autonomie, la meilleure note, c’est sur on peut le leur reprocher…

    Comment expliquer que Microsoft renonce à l’Ipad si rapidement, si ce n’est à cause d’un effet de surprise, non pas sur le produit attendu de longue date, mais à cause de ses performances.
    MS ne contrôle pas assez son image en amont pour faire croire qu’elle parviendra rapidement à faire sa tablette.
    MS n’a pas le système adapté et n’a pas anticipé chez qui l’acheter.
    MS n’a pas le fondeur capable de lui tirer une performance et une autonomie comparable.
    MS n’a pas d’image marketing pour entrer dans le créneau rapidement, n’a négocié avec les fournisseurs de contenus.
    MS n’a pas préparé les versions logicielles de ces hits pour une utilisation portable, mais c’est la seule chose qu’elle peut encore faire si elle veut vendre quelque chose sur la plateforme Ipad.
    Pour le reste, c’est une grosse boite de logiciels qui a compris qu’elle a trop de retard et qu’elle doit se mettre à travailler sur du neuf c’est sur, mais sur autre chose…

    Et la tablette Google la dedans, et Palm et son rachat ? Et Android ?

    Et bien bonne chance à tous pour que le meilleur nous arrive entre les doigts.

    Nous verrons bien s’il faut être du coté des énormes services de Google, des serveurs de base de données qui nous rempliront nos Pad et Pod pour proposer du contenu à des terminaux petits ou gros, mieux que ne le fait Apple.
    C’est fort possible, tant la galaxie des services proposés par Google s’est elle aussi déployée et adaptée partout.
    Ce n’est pas sûr qu’il soit aussi facile d’intégrer machine, OS systeme, et services dans une tablette comme le fait Apple. On voit bien la différence avec Android sur les smartphones et un Iphone homogène, qui compte garder de l’avance…

    Et le libre dans ce panel ? Il existe, il est là, il tente de ne pas se faire oublier et c’est bien normal, même si parfois il semble un peu râler pour rien..

    Le monde du logiciel libre nous permet de garder la porte ouverte.
    Il sert à tous, sociétés, éditeurs, états… Chacun y participe, alternativement, pas de la même manière. Il est toujours utile, régulièrement refinancé et aidé par les gros qui le critique et constitue le garde fou de la dictature informatique…Celle qui nous empêcherait peut-être un jour de choisir.

    Tant que la FSF est là, c’est surtout rassurant de pouvoir se dire, il y a toujours la possibilité de faire autrement et de sortir d’un monopole.
    C’est ce qui est désormais en route dans beaucoup de services gouvernementaux en Europe, y compris dans les mairies, les écoles où les solutions Linux/Openoffice arrivent et se mettent en place.
    La communauté du libre est donc désormais incontournable. Elle a su montrer son intérêt à tous et proposer des solutions viables et économiquement avantageuses.

    Sans parler de tous ces petits logiciels qui nous apportent ce que les gros éditeurs n’ont pas voulu faire…

    Chacun joue son rôle, et Apple n’est pas le diable, mais la réussite surtout lorsqu’elle est rapide et insolente, c’est sûr, ça énerve..

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