Hypothèses d’évolution pour le web 2.0

Voilà maintenant plus de deux ans que je parle de web 2.0 sur ce blog. Il s’est passé beaucoup de choses en deux ans, aussi je vous propose de vous projeter dans l’avenir proche (pourquoi pas dans deux ans) et d’essayer d’anticiper quelles pourraient être les hypothèses d’évolution des services ayant fait le succès du web 2.0.

Ce billet ne parle pas du web 3.0 (quoi que…)

Nous pourrions appelez ça le web 3.0… mais cela risquerait de provoquer une autre polémique qui ferait de l’ombre aux services que je vais vous présenter dans ce billet. Je me suis déjà prêté l’année dernière à cet exercice délicat (Vers un web 3.0 ?) mais c’est un billet publié sur How To Split An Atom qui m’a le plus inspiré : How To Define Web 3.0. Si vous voulez vous projeter encore plus loin, je peux également vous recommander ce billet qui s’intéresse aussi au web 4.0 et au web 5.0 : What is Web 3.0?.

Donc pour résumer : appelez-ça le « web 2.1« , le « nouveau web 2.0« , le « web 2.0+« … appelez-le comme vous voulez mais faites au moins l’effort de méditer sur les concepts qui sont présentés dans ce billet avant de vous écrier « mais… c’est ENCORE une connerie de marketeux en mal d’inspiration !« .

Blog 2.0 : Vous êtes votre propre marque

Qui se souvient de la première fois où il a entendu parler de « blog » ? Oui je sais ça date… et pourtant, si vous faites abstraction de ces infâmes sidebar qui pullulent de widgets à la con, le principe des blogs n’a quasiment pas évolué : billets, commentaires, catégories.

Et pourtant, la relève est déjà là sous la forme de services de micro-blogging comme Twitter. J’ai choisi ce service comme exemple car c’est le plus connu. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce type de services ne laissent pas indifférent : soit on déteste, soit on reste hypnotisé. Je serais tenté de me rallier à l’opinion de Nicolas Clairembault (Twitter et les a-blogueurs : posons-nous 5 minutes pour en parler) mais je préfère plutôt m’intéresser à un service comme Jaiku qui est bien plus abouti (cf. Twitter + Plazes + Ziki = Jaiku).

En poussant un peu plus loin ce concept d’agrégation de l’activité quotidienne d’un individu, on en arrive à regarder d’un oeil moins méfiant les services de lifelogs comme LiFE-LiNE. Alimentée en permanence par nos actions quotidiennes, ces lignes de vie digitales sont le témoin et la mémoire de notre présence en ligne, de notre existence passée et présente.

Encore plus fort, puisqu’il est question de documenter notre quotidien, pourquoi ne pas en faire un documentaire filmé via une webcam allumée en permanence ? C’est ce que vous propose déjà de faire des services comme uStream : adapter aux individus le principe de lifecast.

Et là vous allez me dire : « mais pourquoi se donner autant de mal pour diffuser la banalité du quotidien d’inconnus ?« . Et je vous répondrais qu’il n’est pas ici question de trouver une audience qui sera intéressée par l’intégralité de vos publications, mais seulement par de petites portions. Les chaînes de télévision génèrent des dizaines de millions d’euros avec des émissions de télé-réalité, pourquoi ne pas laisser le principe de la longue traîne s’appliquer à ce type de contenu : excessivement banal mais tellement authentique. Souvenez-vous que sur le web tout le monde peut avoir son heure de gloire, alors autant prendre des précautions et ne pas rater sa chance !

Social Shopping 2.0 : Nous sommes tous des commerçants

Reparlons maintenant de micro-blogging mais dans un cadre de commerce en ligne : Tant qu’à documenter le quotidien d’un individu (ses actions, déplacements, rendez-vous…) pourquoi ne pas également documenter ses achats ? Nous pourrions ainsi imaginer un service à mi-chemin entre Shopalize et Zlio qui archiverait vos achats et vous rémunèrerais en fonction des ventes réalisées à partir de cette buylog via un système d’affiliation silencieuse (non-contraignant pour l’utilisateur).

De même, cela n’a pas encore été fait en France, mais de nombreux services de Team Buying existent déjà en Chine. Pourquoi ne pas envisager des agents intelligents capables d’identifier des groupes d’utilisateurs homogènes (ayant les mêmes besoins et fréquentant les même quartiers) et de leur proposer des rassemblements spontanés pour faire de l’achat groupé hors-ligne. Le tout orchestré par SMS, géolocalisation de votre téléphone portable et anticipation d’une baisse des prix à l’aide de services prédictifs comme Farecast (pour l’instant limité aux prix de billets d’avion et d’hôtels). Celui ou celle qui mènerait les négociations avec le marchand se verrait créditer des points de confiance par les autres acheteurs (l’utilisation de ces points reste à définir, si vous avez une idée, n’hésitez pas à la publier dans les commentaires).

Réseaux sociaux 2.0 : des millions d’amis (virtuels) à portée de clic

Oubliez MySpace et ces 200 millions de comptes, l’avenir des réseaux sociaux se trouve ailleurs. Peut-être dans la Facebook Platform, une sorte de système d’exploitation en ligne pouvant héberger une infinité de services au sein d’un écosystème (Facebook se métamorphose en web OS). Le tout reposant bien évidement sur la gigantesque base de données d’utilisateurs sous le contrôle d’un éditeur tout puissant (ça ne vous rappelle pas un certain moteur de recherche qui a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années ?).

Puisque que l’on parle du loup, autant aborder le cas de SocialStream,un réseau social universel qui mise avant tout sur l’unification (unified social network) et l’interopérabilité. Une sorte de Facebook Platform à la sauce Google.

Evoquons ensuite le cas très intéressant de Skaaz, un service à mi-chemin entre avatar et agent conversationnel (Créez votre double virtuel avec Skaaz). Le principe est redoutable : créer un avatar intelligent qui va apprendre à reproduire votre personnalité pour pouvoir converser à votre place.

A quand les agents intelligents qui vont parcourir les bases de données des services de rencontre pour trouver un « profil correspondant » du sexe opposé, faire les tour des sites d’opinions pour trouver le meilleur restaurant de la ville, choisir une date compatible avec les agendas publics de Mr et Mme, envoyer un SMS 5 minutes avant le rencard pour être sûr de ne pas être en retard…

Je rajouterais une dernière hypothèse d’évolution avec les réseaux sociaux en 2.5 D comme CyWorld qui propose un compromis très efficace alliant pages perso, avatars, micro-facturation et v-marketing. Chez nous on a le même, et ça s’appelle Habbo.

Contenus multimédia 2.0 : Nous sommes tous des directeurs de programmation

A l’heure où YouTube semble plus puissant que jamais (son audience dépasserait celle de Google), les regards des géants de l’audiovisuel se tournent plutôt vers Joost, une plateforme d’IPTV en P2P (hé hé hé, il fallait la placer celle-là !). Car il faut bien se rendre à l’évidence : plus on leur en donne (du contenu) et plus ils en consomment (de la bande passante). Arrêtons de nous mentir et regardons la réalité en face : trop de frais techniques (hébergement, bande passante), trop de contenus illégaux (sous copyright), trop de polémiques (pour hébergement de contenus à caractère raciste / pornographique)… tout ça va bien s’arrêter un jour, même quand on s’appelle Google. Bref, la solution se trouve dans une nouvelle génération de service de distribution de vidéos en ligne : une infrastructure technique moins lourde, des contenus « casher« , un moteur de recommandation et de ciblage publicitaire efficace…

Et puisque l’on parle de moteur de recommandation, souvenez-vous que le temps est la monnaie de demain. A partir de là, les services capables de faire des recommandations pertinentes sous forme de playlist de vidéos, de musiques et pourquoi pas de casual games seront également en mesure de modéliser des profils de consommateurs valant de l’or pour les annonceurs. J’anticipe ainsi un service à mi-chemin entre Pandora, TOITI, Cafe et régie publicitaire. Le tout en multi-plateforme et haute-définition bien évidemment !

Terminons ces hypothèses de l’entertainment 2.0 avec un principe de show TV open source : les éditeurs se « contenteraient » de rédiger un brief et de réaliser un pilote, les spectateurs se chargeraient ensuite de faire évoluer l’histoire (avec un système de soumissions / votes), de gérer le casting (avec un service de crowdsourcing comme ItsOurMovie) ainsi que le financement (via un système de collecte de fond en mode P2P).

Mashup 2.0 : Vous êtes votre propre directeur informatique

Le web 2.0 à au moins l’avantage d’avoir pu familiariser le grand public avec des notions informatiques complexes comme les mahups et les API. Mais si tout le monde à l’exemple de Google Maps en tête, qui connaît de services de conception de mashup comme Yahoo! Pipes, Google Mashup Editor ou encore Popfly ? En rendant les mashup accessibles à tous, ces services facilitent la re-sémantisation des contenus ainsi que la transformation des sites en services (lire à ce sujet ce très bon billet : When Web Sites Become Web Services).

Encore plus fort, en combinant des solutions comme DAMIA et QEDWiki (déjà présentés en vidéo), on se met à rêver d’un système d’information extrêmement modulaire que l’on pourrait enrichir et personnaliser à l’aide de widgets applicatifs partagés au sein d’un écosystème. Le nirvana de l’Entreprise 2.0 !

Je terminerais cette série d’hypothèse d’évolution avec le concept de web OS, ultime itération des portails personalisables (une sorte de Netvibes 2.0). Les solutions comme EyeOS, Goowy, YouOS, DesktopTwo… sont ainsi très intéressantes mais n’apportent somme toute pas grand chose de neuf. Je rejoins sur ce point l’avis mitigé de Guillaume Plouin : Reparlons des WebOS. Au-delà de l’exploit technique, il manque encore quelque chose à cette nouvelle génération de systèmes d’exploitation… peut-être une gestion du mode déconnecté… comme le promet Parakey… récemment racheté par Facebook. Quoi, Encore Facebook ? Et oui, encore Facebook ! Voilà peut-être qui explique pourquoi la valorisation de ce service est estimée à plusieurs milliards de dollars.

Conclusion

Il est maintenant temps de prendre un peut de recul sur toutes ces hypothèses et d’identifier les signaux-clés :

  1. Les ingrédients sont déjà là mais pas forcément bien dosés ;
  2. Les innovations technologiques liées à ces services restent encore à stabiliser ;
  3. La notion de crowdsourcing est quasi omniprésente ;
  4. les avis sont partagés entre enthousiasme excessif et scepticisme latent.

Traduction : ça va vite (peut-être trop vite) et c’est énorme. Toujours est-il que l’on n’arrête pas le progrès et que je ne peux que me réjouir en découvrant tout ces nouveaux services qui sont autant de nouvelles opportunités. Alors faites-donc comme moi : réjouissez-vous !

22 réflexions sur “Hypothèses d’évolution pour le web 2.0

  1. Terminologie Web et buzzwords : le langage. Le versionnage (2.0, 3.0, etc.) et le tout-social laisse la place au langage commun à mesure que la majorité s’approprie les usages et services survivants et matures.

    Blog (2.0) et « moi-marque » : la piste de l’identité numérique. Le blog se transforme en outil de centralisation de l’information sur moi. Evolution Pages perso -> blog -> Adresse numérique.

    C’est à relier avec l’avenir du stockage en ligne : chacun son serveur (virtuel et éparpillé). La question de l’authentification peut être elle aussi conviée.
    Dans 2 ans parlerons-nous déjà d’agent(s) personnel(s) ?

    Social Shopping 2.0 : dans une certaine mesure. L’économie pousse en effet vers une diversification de l’emploi. Individus et foyers pourront avoir différentes activités dont une part importante de télé-travail – j’assimile le boulot de revendeur optimisant ses produits (Sims ?) à du télé-travail déguisé pour Amazon/Ebay…

    Réseaux sociaux 2.0 : Les fournisseurs des nos plateformes d’adresses numériques. Ces services, largement guidés par le modèle publicitaire se retrouvent au plus près de l’utilisateur et de son identité numérique.

    Contenus multimédia 2.0 : là franchement, toute l’économie numérique dépend des tuyaux des Telecoms… Par contre pas saisi pour le « cacher » ?

    Pour finir, même si c’est pas très Web 2.0, j’avoue que la prochaine étape pour y voir plus clair sera probablement la transition des services et applications Web vers les Telecom. On pense à Google, mais aussi à la concentration ces derniers mois des FAI français et à leur récentes avancées avec l’industrie musicale.

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  2. Un point de vue interressant lu quelque part (http://www.from9till2.com) quant aux WebOS et aux applications Web en mode déconnecté :

    « I firmly believe it’s smarter to try to write desktop applications differently to be ‘connected’, than it is to try to write web applications to be ‘disconnected’. »

    Au vu de l’outillage en préparation, il se pourrait qu’en définitive on ne fasse plus de distinction :)

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  3. Excellente synthèse, Fred et j’adhère pleonement à tes conclusions, surtout la dernière car s’il y a un sujet chaud en ce moment, c’est bien celui-là, avec des prises de positions idéologies sur fond de guerre des modèles de business. L’économie de demain c’est celle de l’attention et en parallèle de l’adhésion au sens quasi-militant aux services que l’on utilise.
    Tu n’as pu t’empêcher d’évoquer un web 3, mais comme tu le suggère, tous ceux qui font une tentative en ce domaine n’arrivent qu’à souligner les carences actuelles. Dernier exemple en date avec Eric Schmidt de Google sur l’interopérabilité des applis et en fin de compte une vraie sémantisation du web.
    Une des grandes mutation de fonds est le transfert du logiciel vers l’application embarqué et vers le service. Avec une démocratisation en cours du dev via les générateurs de mashups et outils sans code type Iceberg. Le webOS, oui, avec d’énormes implications industrielles et de gouvernance de l’information dans les organisations.
    Enfin de compte, OUI, tout ça est énorme et nous dépasse. Il ne faut pas que l’on fasse comme en 2001 l’erreur de penser savoir ce qu’il va se passer alors qu’il faut déjà regarder de près ce qui se passe déjà. C’est d’ailleurs sur ces premiers constats que l’on s’étripe autour du crowdsourcing notamment.
    Je ne suis pas certain que ça aille trop vite puisqu’après l’impulsion de ces dernières années on voit bien que les choses se décantent et se généralisent, reste à savoir à quel rythme et quelles variations sectorielles et culturelles dans l’adoption de ce qui est, au global, un modèle de business plus efficient que les précédents.

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  4. crowdsourcing :après le « User Generated content », l’avenir se définit il par le « User Generated sofware » ?? avec facebook en plateforme phare . Il va devenir de + en + aisé de créer ses propres applications.
    bonne journée :)

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  5. Bonjour,

    J’avoue ne pas partager cet enthousiasme quant aux réseaux sociaux et à l’identité numérique. Je reste incréduble sur le fait d’avoir des millions d’amis (virtuels) à portée de clic : est-ce utile, exploitable … car quand on parle à trop de monde, on parle in fine à personne. Cela laisse le choix, certes, …
    Et, ce qui me laisse perplexe dans l’identité numérique, c’est la transformation de l’individu en « silo d’information ». J’ai pas suffisamment de recul vis-à-vis de toute cela, donc je m’interroge tout simplement. Plus de temps morts, toujours connecté …

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  6. Très bon article sur la situation d’aujourd’hui. Je ne pense pas qu’on puisse parler de Web 3.

    Il m’est avis que nous essayons actuellement d’exploiter toutes les possilibités du web (applications riches, syndication de contenu, etc…), pour nous diriger vers un réel Web 2.0.

    Le Web 2.0 est la communauté qui anime le Web, et c’est vrai qu’aujourd’hui tout le monde peut exister sur la toile sans avoir de connaissances techniques.

    Mais c’est vrai qu’on a fait du progrès depuis quelques années, bien que parfois le compromis entre technologie et accessibilité n’est pas toujours trouvé (pour ne pas citer un certain Tafiti) !

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  7. Personnellement, de part mon métier, mes études j’ai un point de vue de « developpeur ».

    Et il y a une chose qu’il faut bien se dire, c’est que l’évolution du web va avec « evolution technologique ». Pas seulement l’évolution des outils de création de site web mais aussi l’évolution des technologies de connexion. On voit de grandes avancées dans les connexions internet qui laisse présager (peut être) des interfaces plus lourdes (techno xbap, applet, silverlight, etc.).

    Moi je miserai sur des interfaces intéligentes, capables de vous offrir ce que vous avez besoin.

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  8. En ce qui concerne « Contenus multimédia 2.0 : Nous sommes tous des directeurs de programmation », il ne faut pas oublier l’apparition d’un nouveau genre de contenu multimédia, le contenu « amateur » avec l’apparition de persotv chez free. Ce type de service sera certainement repris par les autres fournisseurs d’accès internet ou par des compagnies spécialisées.

    Par contre, le web 2.0 se définit comme une base sociale ou l’ancien visiteur se considère comme acteur et participe à la vie d’un site (facebook, myspace etc), donc peut-on considérer que faire son propre programme, sa propre boutique soit réellement web 2.0 ?

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  9. Et moi, je pense que nous rentrons progressivement dans une période de  »self-marketing » ou chacun se met en scène et dévoile sa vie, sous un aspect purement marketing : chacun fait de plus en plus attention a son propre packaging, ses RP, sa mise en avant, son image de marque, etc.

    C’est comme si nous devenions des produits que nous marketons nous memes… avec plus ou moins de réussite. Ainsi, un blog, un twit, un cv sur monster, un objet en vente sur ebay, un profil sur ziki, un autre sur copainsdavant et pour finir une fiche viadeo/linkedin sont autant de facons de promouvoir sa propre personne face aux autres.

    Je me permets de glisser un lien vers un article que j’avais écrit a ce sujet.
    http://www.frederic-lefebvre.com/index.php/2007/06/29/120-trouver-du-travail-ou-de-nouvelles-opportunites-grace-a-internet-et-un-peu-de-temps

    Ou il est question de self-marketing. Un sorte de didacticiel de mise en avant de soi, pour les débutants de l’Internet.

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  10. De nombreuses pistes évoquées sont déjà exploitées, et finalement la projection n’est pas si lointaine, je pense que Fred nous parle d’un demain qui se place plus à un an qu’à deux ans (ça dépend si la bulle éclate et les investissements cessent).

    La vraie question, de mon point de vue, reste l’adoption par le plus grand nombre des services évoqués. Produire du contenu sur un blog, sur un profil perso ou ailleurs (même sur Twitter) demande un effort (et du temps). Pour connaître un certain succès et atteindre une certaine visibilité je dirai même que cela demande un travail plus ou moins de fond.

    Si je m’arrête à la question du divertissement, je rappelle que c’est un métier que celui de divertir, et lorsque Fred dit que la télé-réalité est comparable à une webcam chez n’importe qui, je pense que c’est car Fred ne regarde pas les émissions de télé-réalité. Je rappelle que la télé-réalité est plus travaillée qu’elle n’y paraît. Il y a des primes, les émissions sont montées, des scènes sont coupées, et surtout l’intrigue est scénarisée… Le premier volet de Loft Story a été entièrement scénarisé en amont de l’émission par des psychologues qui ont ensuite établi les profils à recruter lors du casting. Par ailleurs, je noterai que le physique (Ile de la tentation, Secret Story…) ou les caractères des personnages (Koh Lanta) ne sont pas non plus ceux de monsieur Toutlemonde. Entre gravure de mode et stéréotype, nous avons de vraies séries américaines sur le papier ;-) Tout ça pour dire qu’il ne faut pas confondre le métier du divertissement de masse avec des niches temporaires amateurs qui se professionnaliseront si jamais elles connaissent le succès.

    Combien de blogs disparaissent, combien de profils dans les réseaux sociaux sont laissés à l’abandon… Il faut rester réaliste. Nous avons des vies chargées, et tout le monde n’a pas le temps de consacrer 3h à produire du contenu en rentrant du travail. Je ne crois pas que tout le monde puisse devenir une star, car le concept même de star sous-entend qu’il y a une dimension élitiste.

    Je concluerai en disant qu’il y a des producteurs et des consommateurs. Le plus grand nombre ira chercher de plus en plus le contenu sur le Web, mais n’attendez pas non plus à ce qu’ils deviennent des producteurs. Je pense qu’il va y avoir de nouveaux métiers sur le Web, une professionnalisation de la production de contenu, mais les personnes concernées ne représenteront qu’un pourcentage infime de la masse des internautes, comme les gens de la télé ou des médias actuels ne représentent qu’un pourcentage infime de la population.

    La vraie évolution : la professionnalisation du divertissement sur Internet ?

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  11. Tout à fait Raphael, merci pour ce long billet.

    Tu fais bien de noter qu’au-délà des coups d’éclats de certains protagonistes de YouTube, les vidéos les plus populaires sont réalisées par des pro ou semi-pro (LonelyGirl15, Ask A Ninja, RocketBoom…).

    /Fred

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  12. Sur le Web 2.0 ma plus grande interrogation rejoint celle de Raphaël: où trouver le temps de faire vivre ses applis Web 2.0. J’ai déjà du mal à faire vivre mon blog à raison de 2 ou 3 posts par semaine. Si en plus je devais aller sur ebay, entretenir comme je le devrais mes profils Viadeo… je devrais me mettre à mi-temps dans la vraie vie ;-)

    Mais le Web 2.0 n’est peut-être que le versant techno d’une tendance de fond nous entraînant vers l’autoproduction. On assiste au retour en grâce du tricot de la cuisine et de tous les loisirs céatifs en général. On a déjà vu l’explosion du bricolage. Et on va certainement voir l’émergence de l’autoproduction d’électricité via les énergies renouvelables. On commence donc à voir se dessiner une tendance de fond. Les individus par goût ou par nécessité (précarité, baisse de pouvoir d’achat) recommencent à produire pour leurs besoins propres. Le Web 2.0 ne serait donc qu’un avatar de cette tendance.

    Après on peut envisager deux solutions pour avoir le temps nécessaire à une vie 2.0
    – La solution de D.vda :émergence du mi-temps choisi permettant de gérer plusieurs activités de front (vendeur sur ebay, blogueur rémunéré, vendeur dans la vraie vie…)
    – La solution de beaucoup de boîtes high tech : confusion vie privée/vie professionnelle ce qui passe par la suppression de toute notion de durée du travail. On passe plus de temps au boulot mais on prend le temps de gérer son identité numérique ou de faire des enchères sur ebay. Ca me paraît être la voie la plus réaliste.

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  13. Fred> Aaahhh, casher, ok. De ce côté là je ne suis pas du tout un convaincu de la fin du droit d’auteur et de quelque licence globale. La propriété intellectuelle, dont fait partie le droit d’auteur, est un des fondements de notre économie. Le numérique vendant de plus en plus de bien immatériels sur le fondement non plus de leur coût de production mais de leur utilité, je vois mal le moyen d’indexer leur valeur disparaître. Donc les contenus ca$her restent pour moi de l’UGC avec la piètre qualité (de fabrication, pas esthétique) globale qui va avec.

    Raphaël> Oui, l’Internetainment ?

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  14. Ce que j’aime dans ce blog c’est qu’il s’attache à chaque fois à être exhaustif dans la liste des acteurs majeurs ou emergents du domaine abordé. Ce post en est un parfait exemple, comme l’etait celui, impressionnant, sur Entreprise 2.0.

    Ce qui semble cependant un peu regrettable, c’est qu’on parle peu ici du Sens social derrière ces applications. Il s’agit d’une perspective Services alors qu’il me semble que le Web2.0 est tout d’abord un outil social. Ce qui serait interessant c’est d’avoir une opinion sur ce en quoi ces services multiples peuvent adresser des besoins utilisateurs véritables et fédérer durablement des utilisateurs. « Etat des lieux des services web 2.0 emergents » me semblerait un titre plus approprié.

    Du coup, ces posts (qui représentent par ailleurs un travail de synthèse considérable et précieux) peuvent donner cette impression d’être bombardé d’information et décourager un peu.

    Une analyse comme celle de Fred Stutzman par exemple (http://chimprawk.blogspot.com/2006/01/situational-relevance-in-social.html) sur la notion de durée et d’évolution des populations d’utilisateurs de réseaux sociaux peut-être un bon complément à votre lecture, pour justement re-donner cette perspective du sens social.

    Pour conclure je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette notion d’infâmes sidebars et de Widgets à la con (même si l’expression n’est pas dépourvue d’une certaine pertinence et est plutôt drôle). MyBlogLog est à mon sens un exemple typique d’une application 2.0 particulièrement brillante.

    (Si je peux me permettre, j’en parle ici http://ceciiil.wordpress.com/2007/06/15/mybloglog-myspacing-the-blogosphere/).

    Merci en tout cas pour ce post exhaustif.

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  15. Social Shopping :
    Il est vrai que la complexité du Web tend à la vulgarisation des langages (codages, html et css) pour les internautes lambdas, les boutiques Zlio en sont la preuve. C’est une évolution qui, je pense, est inévitable et de surcroît bénéfique, dans une certaine mesure, à l’ensemble de l’humanité. Le savoir se propage « Grand V », nous en sommes tous acteur et de le disséminer nous élève, si petit soit-il(le savoir personnel).
    Le plus haut degré mental que l’humanité puisse espérer atteindre, est celui qui lui enseigne de trouver sa place en toute circonstance.

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