Pourquoi je ne crois plus en Facebook

En ce moment Facebook a la côte : on en parle à la radio, à la TV et les journalistes des grands médias n’en finissent plus de s’interroger sur les raisons de ce nouveau phénomène social. Et pourtant la réalité est tout autre.

Souvenez-vous, il y a quelques mois la coqueluche de l’époque s’appelait Second Life. Nous sommes donc en train d’assister à un phénomène classique de résonance : on en parle parce que les autres en parlent.

Facebook est-il révolutionnaire à ce point ? Ce service mérite-t-il une telle attention ? Oui, en partie. Mais sans vouloir lui retirer son indéniable succès et certaines qualités, il y a fort à parier que les annonceurs n’y trouveront qu’un intérêt très relatif.

L’explication est toute simple et peut-être résumée ainsi :

  • La croissance et l’audience de Facebook sont largement sur-évaluées ;
  • L’écosystème mis en place autour de la Facebook Platform ne tiendra pas ces promesses ;
  • Les modèles publicitaires présentés récemment sont bancals ;
  • La concurrence avec d’autres plateformes sociales va être très rude.

Donc en un mot comme en cent, malgré l’enthousiasme de son jeune CEO, Facebook ne révolutionne rien du tout.

Les chiffres en question

Commençons tout d’abord par nous intéresser aux fameux chiffres mirobolants de Facebook :

Vous l’aurez compris, les chiffres présentés par Facebook sont surtout impressionnants pour ceux qui veulent croire à leur jolie histoire. La Facebook Platform est certes un très bon facteur de croissance mais force est de constater que les meilleures places sont déjà prises.

Une plateforme à peine entre-ouverte

Et puisqu’on en parle, intéressons-nous à cette fameuse Platform. Quand on y regarde de plus près, on se rend rapidement compte qu’elle n’est pas si ouverte :

  • les applications utilisent un langage spécifique (le FBML pour Facebook Markup Language) ;
  • Les applications sont hébergées au sein du Application Directory (régit par Facebook) ;
  • les fournisseurs d’applications doivent se conformer à une charte (définie par Facebook).

Nous sommes ici bien loin de la souplesse des API et de la rigueur des Web Services. Si le succès du web 2.0 repose en partie sur les fameux mashup et sur l’innovation par l’assemblage, l’innovation est ici fortement limitée par ce langage spécifique et par la taille de la base d’utilisateurs (55 millions, ce qui n’est pas énorme).

Le fait que des agences se soient spécialisées dans le développement d’applications Facebook (RockYou, Slide…) est un signe que ces choix techniques sont un frein au développement.

Le Social Graph en question (il y a amis et amis)

Pour faire simple, le Social Graph est une représentation de nos relations et des interactions qui en découlent. La promesse de Facebook est donc de proposer aux annonceurs de pouvoir modéliser de façon très fine ce fameux Social Graph. Oui mais voilà, sur quoi repose-t-il ? Ou plus exactement, vos friends sur Facebook sont-ils réellement vos amis ? J’en doute fort. J’ai plus de 600 contacts associés à mon profil, dont à peine une dizaine que j’ai réellement rencontrés.

Les amis de Facebook sont pour la plupart des relations améliorées, et c’est bien là où se fait la différence. Dans la culture anglo-saxonne la notion d’amitié est très différente de la notre (les latins) : ils savent parfaitement mélanger relations professionnelles, amis d’un soir et amis d’amis.

Conséquence : je me vois mal faire confiance à un membre de mon réseau dans la mesure où :

  1. je ne sais pas réellement qui il est (la majeure partie des profils n’est pas réellement renseignée) ;
  2. je ne sais pas ce qu’il me veut (les intentions ne sont pas clairement exprimées) ;
  3. j’apprécie moyennement le fait qu’il me balance des moutons à la tête ou qu’il me donne de grande tapes dans le dos (Super Poke).

Pour vous convaincre de la superficialité de votre réseau posez-vous la question suivante : à combien de vos friends prêteriez-vous votre voiture ou votre appartement ?

Un gros problème de prise en main

La mise en page de Facebook est nettement meilleure que celle des pages MySpace ou que des Skyblogs, c’est indéniable. En revanche ce service est-il suffisamment simple et convivial pour séduire le plus grand nombre ? J’en doute. Il existe des millions d’utilisateurs de Netvibes car le bénéfice de ce service est immédiatement perceptible (on bouge des boîtes, on ajoute des widgets…). Mais vous devez bien avouer que l’expérience d’utilisation de Facebook est plus que troublante : trop d’applications, trop de termes jargonneux, trop de complexité.

En fait il y a un réel problème de guidage et de prise en main. Pour faire simple : les novices sont complètement perdus. Pour vous en convaincre, je vous invite à lire les commentaires d’un vieux billet que j’avais rédigé sur Facebook mais qui est très bien positionné dans Google :

  • « Pouvez svp m’expliquer à quoi sert facebook et comment s’inscrire. Merci de me répondre car je ne suis pas une pro de l’informatique« 
  • « J’aimerais qu’on m’explique svp quelle réelle différence il existe entre facebook et myspace« 
  • « Que veut dire “site”?« 

Je veux bien croire qu’Aziz et sa bande de potes s’éclatent sur Facebook, mais ce service n’est aujourd’hui pas configuré pour séduire plusieurs millions de personnes : trop complexe, trop riche et surtout pas de traduction prévue pour l’interface.

Des programmes publicitaires très douteux

Nous en venons maintenant au plus gros problème de Facebook : sa plateforme publicitaire. Pourquoi est-ce un gros problème ? Parce que le modèle économique de Facebook repose sur des fondamentaux instables.

Il existe ainsi plusieurs programmes (détaillés ici : Facebook Advertising – 3 New Ways To Play) :

  • Les Business Pages qui sont un équivalent des pages sponsorisées par des marques comme sur MySpace (avec mise en avant de produits et liens vers des partenaires). Gros problème : il n’est pas possible d’inviter des fans à partir d’une business page. Conséquence : le seul moyen d’avoir une business page avec un noyau dur de fans est de transformer une page perso en une business page. Si vous savez lire entre les lignes alors vous pouvez vous faire une bonne idée des détournements possibles : fausses pages perso à vocation business, revente à des marques de pages persos populaires…
  • Les Social Ads qui sont affichées sur la page d’un membre ou dans son mini-feed. Idem, on peut tout à fait anticiper un véritable trafic d’audience basé sur la popularité d’un profil (ça me rappelle une sombre histoire de blogueurs vendus) ;
  • Le Project Beacon qui se sert de données comportementales collectées sur différents sites partenaires (cf. Facebook ads definitely creepy, possibly illegal et Is Facebook Beacon a Privacy Nightmare?) pour mieux cibler votre profil et celui de vos potes. Autant vous dire que cela pose de très sérieux problèmes éthiques.

C’est sur ce dernier point que le jeune CEO de Facebook ne parvient pas à rassurer l’industrie publicitaire et les annonceurs : Partant du principe que les membres sont le vecteur de la marque, sans redistribution de revenus, cette affiliation stérile ne bénéficiera qu’aux marques les plus fortes (Apple, BMW…), donc celles qui n’ont pas réellement besoin de ce programme (cf. I’ll spam my friends, but I want a piece of the action).

Au-delà de ces problèmes de respect de vie privée et de confidentialité, ce réseau de sites mouchards (qui dénoncent les actions des membres de Facebook) peut avoir une influence très néfaste sur le comportement des internautes et sur une éventuelle prise de décision d’achat : Facebook’s Beacon and Boundary States. A partir du moment où toutes vos actions et achats sont visibles sur votre profil (dans votre mini-feed), est-ce que vous n’y réfléchirez pas à deux fois avant de cliquer ? Ne vous direz-vous pas « comment va réagir mon audience à cet action / achat » ?

Sont-ils en train de réinventer la roue ?

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai réellement l’impression que l’offre de Facebook ne révolutionne rien du tout (pages business, publicités ciblées…), voire qu’ils sont en train de refaire les erreurs du passé (ciblage comportemental basé sur les actions des internautes, à l’époque on appelait ça du marketing 1 to 1).

Quand on y réfléchit bien, que propose Facebook ? Des business pages (vous possédez déjà un site web, non ?), des statistiques détaillées sur le nombre de visiteurs sur ces pages (une belle régression par rapport aux outils d’analyse de la performance actuels) et des programmes publicitaires basés sur le CPM et CPC (même pas de CPA à la Amazon ?). Bref, ils nous font le coup du web dans le web, une sorte de couche d’abstraction au web « grand public » réservé à une bande de jeunes qui se balancent des moutons à la tronche. Désolé mais ce n’est pas ce que j’appelle une révolution, d’autant plus quand les questions de confidentialité et d’amitié sont très ambigües.

Une IPO est-elle la solution ?

Avec l’argent récolté auprès de Microsoft, on est en droit de se dire que Facebook va tranquillement préparer son introduction en bourse pour lever des fonds et accélérer sa croissance. Le problème c’est qu’une introduction en bourse n’a rien de tranquille : il ne suffit pas de louer des bureaux à New-York et de débaucher un CFO pour y parvenir.

Les financiers ne sont pas des imbéciles et je doute fortement qu’ils se laissent séduire par cette belle histoire de jeunes prodiges en tongs Adidas qui s’éclatent à faire des overnight coding sessions.

Rajoutez à cela un problème de valorisation, car Facebook n’a jamais été valorisé à 15 milliards de $ : Even Microsoft doesn’t value Facebook at $15 billion.

Que se passera-t-il quand Facebook n’aura plus la faveur des médias et du grand public ?

En voilà une bonne question, d’autant plus que ça a déjà commencé :

En résumé : avec cette nouvelle plateforme publicitaire Facebook risque de perdre la confiance de ses membres. Même si la croissance est toujours forte, il ne s’agit que d’un phénomène d’inertie.

Faut-il oublier Facebook ?

Non bien évidemment, chacun est libre de s’en servir pour construire son réseau et pour retrouver de vieilles connaissances. Par contre les annonceurs devront être très prudents quant à l’exploitation de ce réseau. Oui l’application iLike est un authentique succès, est-ce que pour autant Renault ou Naf-Naf peuvent en profiter ? J’en doute.

Facebook va donc progressivement venir se ranger aux côtés des MySpace, Skyblogs, Friendster… Comprenez par là qu’il va perdre son avantage concurrentiel vis à vis d’initiatives réellement plus ambitieuses comme OpenSocial ou mieux structurées comme ces nouvelles plateformes sociales.

Oui, j’ai crû au modèle de Facebook. Oui, j’ai bien crû qu’ils pouvaient révolutionner le web social et proposer une approche unifiée. Non, je n’y crois plus car ils vont avoir visiblement beaucoup de problèmes à transformer leurs rêves d’étudiants et réalité économiquement viable.

Mise à jour (20 avril 2011) : Un nouvel article a été publié sur ce sujet : Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook.

176 commentaires sur “Pourquoi je ne crois plus en Facebook

  1. Pour savoir si Facebook peut conforter son succès, il ne faut pas oublier à qui ce réseau s’adresse : tout le monde (c’est aussi un positionnement que de ne pas se spécialiser !!). Pas de marché de niche, pas de segmentation bidon, et des services « universels » (agenda, amis, photos, etc.).

    L’internaute moyen ne lit pas les conditions d’utilisation (tant pis pour lui, il n’avait qu’à le faire avant de signer s’il ne veut pas de pub). L’internaute moyen ne connaît pas et ne connaîtra jamais Open Social, Beacon project et autres gargarismes de geeks. Regardez comme les portails « sociaux » sont éphémères en ce moment : on ne parle plus de Netvibes ou de Second Life depuis longtemps, Twitter est en train de passer de mode, ses remplaçants font de la masturbation intellectuelle en expliquant leurs concepts… Facebook marchera car 80% de son contenu est constitué de services simples pour des gens simples (i.e pas trop tourmentés par le 2.0, les réseaux et leur éthique)
    Attention aux chiffres tellement manipulables : parle-t-on d’utilisateurs actifs quand on compare les ordres de grandeur ? Quel est le nombre moyen d’amis par utilisateur (Fred, tu n’es pas représentatif avec tes 600 potes)? Combien de personnes ouvrent leur profil à des inconnus (Là encore Fred, tu n’es vraiment pas représentatif…)?

    Quelques remarques pour finir :
    D’un point de vue ergonomique, la comparaison Netvibes-Facebook n’est pas très pertinente. Je pense au contraire que Netvibes n’en finit pas de se complexifier et que Facebook est bien mieux pensé pour l’internaute moyen.
    D’une façon générale, je ne pense pas que les blogueurs soient bien placés pour savoir ce qui va marcher ou non : vous avez un profil et une façon de raisonner totalement déformée par votre vision du Web. Ce n’est pas la vision de M. Toutlemonde ! Regardez les chiffres de Facebook en France et écoutez la Voix du peuple…

  2. Autant je trouve toujours très bon de se faire l’avocat du diable et d’aller chercher toutes les critiques ou oppositions possibles pour détruire ce que le bon sens commun met en exergue pour trouver une juste vision, autant je ne crois pas que la condamnation définitive soit une bonne chose si ce n’est marketing.
    Ton article rassemble nombre d’éléments forts et pour certains à revoir mais comme dit ci-avant.

    Ce qui me semble étonnant dans ta démarche et que j’avais de la même façon peu apprécié pour le « même » article sur Second Life est de voir le monde en blanc ou en noir et surtout limité à l’outil.

    Dans l’un comme dans l’autre cas, un nombre incroyable de gens ont changé leur façon de vivre, d’échanger, d’imaginer, de créer et donc un jour définitivement de travailler.
    Cette évolution est d’une telle force qu’on ne peut pas dire qu’elle soit bonne ou mauvaise ou qu’elle soit perdue ou non. Cette évolution doit nous amener à imaginer le demain présent avec ou sans FB et/ou SL.

    Mes origines agricoles m’amènent à te proposer l’image d’une catastrophe naturelle comme un vent très violent ou une montée soudaine des eaux d’un ruisseau ou d’une rivière.
    Dans ce cas, d’un coup, la nature montre sa force et reprend ses droits. Peu de temps après, la vie reprend. Tu vois après que là où c’est passé, c’est la nature qui a dit : vous m’avez oublié, vous avez oublié là où l’eau doit couler, là où le vent doit passer.
    Même si l’homme décide d’y replanter, il faudra s’attendre à connaître à nouveau cette réalité.
    Facebook comme Second Life nous montre un sens commun qui est la nouvelle vie sociale de demain qui n’est d’une certaine façon, à mon avis, que le retour à des concepts et habitudes des temps passés mais renforcés et transformés par les pouvoirs des nouvelles technologies.

    Pour conclure simplement, pour respecter le fleuve social qui s’est créé, je crois que Facebook va aller encore très loin et qu’il va encore évoluer du fait de ses utilisateurs qui sont les maîtres de l’outil. En cela, je reste d’accord sur certaines tendances et volontés actuelles qui ne peuvent qu’amener à une révolte facebookienne qui gronde déjà et qui obligera de conserver du sens.

  3. Une partie de l’analyse est très juste mais la partie concernant Aziz, la « complexité » de Facebook (quand je vois le nombre d’amis « Noobs » qui sont dessus) et le fait que tu aies 600 amis….que tu as accepté toi-même .. pas très logique nan ?

    Pour le reste notamment, ce que tu dis concernant leur programme publicitaire douteux, là j’adhère

  4. Je pense que tu te trompes. Facebook va attirer un grand nombre de pubs ciblées. c’est le local qui va l’emporter avec l’appli neighborhoods.
    Enfin bon, on verra…

  5. Je trouve la critique sévère. Facebook remplit parfaitement le rôle dont est tiré son terme d’abord, ce fameux livre des collèges US avec la photo des élèves et des promotions. Ensuite Facebook ressemble à ceux qui l’utilise finalement, puisque quand je vois tous les nanards qui passent leur temps sur des tests ridicules ou à intégrer des applications stériles, oui, là, l’intérêt est relatif.

    Par contre, et c’est un plus par rapport à MySpace par exemple, j’apprécie son catalogue d’adhérents et sa manière de lier les uns aux autres, c’est pratique, ça permet de retrouver de vieilles connaissances, et c’est assez ludique si l’on considère le côté voyeur de la chose, puisque l’on est constamment au courant des fais et gestes des amis sur Facebook.

    Bref, selon moi, c’est un outil sympa, pollué par des applications et un modèle de pub douteux certes, mais bon, relax, y a pire et il y aura pire.

  6. J’ai tendance à être d’accord avec Aziz sur la définition de « mainstream » : Skyblog ne l’est pas si n’y participent activement que des collégiens et lycées (même s’ils y sont tous inscrits). Sur Facebook, j’ai constaté pouvoir y retrouver TOUS mes cercles sociaux first life : associations, clubbers, collègues, amis de vingt ans etc. ce que je n’ai jamais constaté sur d’autres réseaux.

    Tout à fait d’accord en revanche pour estimer qu’Open Social risque de limiter sévèrement son potentiel de croissance, mais tant que les profils eux mêmes ne sont pas partagés entre les réseaux (i.e. pouvoir devenir « ami » avec quelqu’un inscrit à un autre réseau), le critère de choix d’un réseau où être effectivement actif reste au final le nombre de gens que l’on connais qui y sont inscrits.

    Quant à l’absence de localisation… est-ce qu’elle ne constitue pas au final une information sur le profil Français inscrits qui peut intéresser les annonceurs ?

  7. « ils utilisent des méthodes très limites (cf. Les sales méthodes de Facebook) qui sont plus proches du spam social que de l’acquisition de trafic ; »

    Sauf que ce n’est pas le cas : le billet cité a été rédigé par quelqu’un qui ne lis pas ce qu’il clique. Il y a deux fonctions : trouver ses amis et inviter des amis. La seconde est faite précisément pour envoyer des invitation. Tout le monde est coché par défaut mais personne ne t’oblige à l’utiliser. La première indique qui est inscrit sur Facebook et qui ne l’est pas. Elle permet en effet à nouveau d’inviter ses amis mais là encore c’est une option.

    Une liste de mails avec une case cochée et un bouton « add to invite » puis ensuite le formulaire d’envoi de message… Pas vraiment d’ambiguité.

  8. Voilà une discussion bien passionnante.
    De temps il temps il suffit juste d’une ou deux fonctions sympathique pour attirer du monde. Je suis d’accord avec le lancer de moutons et autres applications débiles, mais le simple fait de retrouver des gens et de retrouver aussi leurs amis, de leur envoyer un message et même d’y attacher une vidéo, cela peut largement suffire à séduire beaucoup de monde.
    Effectivement il faut le maximum d’utilisateurs, comme pour tout réseaux.
    Phénomène de mode ? oui de ce côté-là tu as sûrement raison. Mais après tout on est comme des enfants avec un nouveau jouet non ?

  9. Attention aux analyses fondées sur l’usage personnel (cf commentaire de Simon). Tu as 600 contacts et tu n’en a rencontrés que 10. Moi c’est le contraire, j’en ai 100 que je connais tous personnelement. Et sans moi même tomber dans le piège de l’extrapolation, je pense que le profil d’utilisateur majoritaire (les jeunes) est plutôt dans cette optique « non professionnelle ».
    Dommage que ton analyse soit un peu biaisée par ça.

  10. Si Facebook n’est pas une révolution et ne mérite pas la valorisation qu’on lui porte (Vivendi devrait les racheter et le renommer Vizzavi … d’ailleurs aujourd’hui y’a son retour), ça reste néanmoins l’outil le plus pratique pour rester en contact avec de nombreuses personnes.

    Ceci dit Facebook sera désuet quand quelqu’un lancera la même chose, totalement compatible avec OpenSocial, autant fonctionnel et proposant l’import des contacts Facebook. Là il n’y aura plus de raison de rester sur Facebook.

  11. Bon, je vais me répéter une dernière fois et après ça j’arrête car ça commence à me fatiguer : Je n’ai jamais dis qu’il fallait oublier Facebook et que ce service ne marchera pas en France.

    En résumé mon propos est de dire que Facebook n’est actuellement pas structuré pour révolutionner le monde des réseaux sociaux comme son CEO peut le prétendre.

    De plus je trouve très étrange que quasiment tout les commentaires éludent les questions de valorisation et d’éthique. Elles sont pourtant cruciales.

    /Fred

  12. Moi, je suis de ceux qui pensent que la bulle facebook va se dégonfler aussi vite qu’elle s’est gonflée.
    Sérieusement, Facebook risque de prendre une claque énorme et JUSTIFIEE le jour où les utilisateurs liront et comprendront vraiment ce qui est inscrit dans les conditions d’utilisations des données utilisateurs puisque, pour faire simple, tout ce qui est sur facebook appartient à facebook (textes, photos, cv et tout information déposée sur le site, applications et j’en passe). Et çà, çà me paraît pas ultra légal en soi, en tout cas sur le sol français. Et j’entends déjà les défendeurs touchés dans leur amour propre répondre: « si tu veux pas que ton contenu soit utilisé à « l’insu de ton plein gré », ne le diffuse pas sur internet »… trop facile non ?..

  13. Bon je comprends pas mal de tes arguments, ils font du sens, mais je rejoins Vincent & Simon: attention à l’extrapolation de TA PROPRE expérience. A mon sens, ni toi ni moi ne correspondons à la cible original de FB. A la base, rappelons que c’est un réseau social d’étudiants.

    En France, il y a eu copains d’avant (et maintenant copain d’avant pro ? pas compris …). Il y a aussi bahut.com mais c’est vrai qu’à nos ages, on ne tend pas à y aller naturellement. Et il y a effectivement moins de buzz.
    Néanmoins, sur sa cible de base, le succès de Facebook est incontestable (je sais que tu ne le contestes pas, tu l’as précisé, longtemps après ton titre racoleur ;)).

    Sur les API, effectivement on PEUT utiliser le FBML. Ce n’est pas une obligation, mais ca permet une intégration relativement simple dans l’interface, et c’est ce qui garantie une expérience relativement homogène quelle que soit l’application utilisée. Je trouve que ca fait du sens, même si certains développeurs se trouvent « obligés » de coller une grosse image dans un bloc, pour ensuite voir l’information liée à l’appli.
    Anyway, vu que tu compares quand même ca à myspace & les skyblog … y’a pas de commune mesure.
    Ensuite, dire que les futurs réseaux sociaux seront mieux… oui, ca me paraît logique qu’il y ait une progression… donc c’est comme au temps du « web 2.0 », faut arrêter de vouloir que tout soit révolutionnaire, ou que rien ne le soit. Y’a des évolutions et sur la route des réseaux sociaux, Facebook est et restera quand même une milestone importante…

    Sur la valorisation de 15B$, ok l’information largement diffusée n’était pas exacte à 100% et ignorait une partie du deal. Même si c’est 10 ou 12B$ … ca reste pas mal non ?

    Et sur l’aspect éthique, j’ai du mal à comprendre le problème de la publicité ciblée. J’en ai parlé ici: http://blog.wegotideas.com/2007/11/04/beacon-la-publicite-ciblee-selon-facebook-et-lentree-dans-le-social-shopping/

    A+
    PH

  14. Salut tout le monde,
    à propos de beacon :
    http://www.chouingmedia.com/blog/20071109/cedric_chouingmedia_is__surtout_ne_bougez_plus/

    Dans facebook, on y met ce qu’on veut. De mon côté je suis étonné par le taux d’adoption de mes potes pour qui il s’agit de la première expérience de visibilité en ligne. Ils n’avaient pas créé de blog ou de page myspace, ils se retrouvent sur facebook.

    Par contre, tous me disent que c’est un jeu de rôle en ligne. Celui qui gagne l’estime des potes est celui qui crée le groupe le plus con.

    Je n’utilise pas plus facebook que ça parce que :
    . j’ai un blog, un ziki, un compte flickr, youtube, etc
    . je m’en carre d’etre transformé en zombie (et, au risque de paraitre pédant, je n’ai pas le temps !!)
    . je trouve que ce site n’a vraiment aucune éthique, là où google en a déjà peu…
    . je veux utiliser une plateforme sur laquelle je décide *exactement* qui voit quoi. C’est ce que nous essayons de créer avec webjam.com

    Facebook reste un très bel outil pour déconner, mais cela s’arrête là. Les personnes sur facebook semblent etre pour beaucoup des personnes coincés devant leur ordi au boulot. Je suis devant mon ordi, mais je n’ai pas le temps de jouer.

  15. Fred,

    Ton billet a effectivement le mérite d’ouvrir le débat. Je doute comme toi que la stratégie publicitaire de FaceBook soit idéal pour lui assurer un business model capable de totalement satisfaire utilisateurs et annonceurs. L’annonce récente de Google avec Open Social risque également de redistribuer les cartes au détriment de FaceBook.

    Pourtant là ou je ne partage pas ton anlayse et où je rejoins Aziz, c’est que FaceBook en terme d’utilisation est plus simple que NetVibes. Aujourd’hui, sur NetVibes on parle de Widget, RSS, … qui ne sont pas encore des usages qui parlent à la majorité des internautes. FaceBook a le merite d’être le réseau social des réseaux sociaux (voir http://cdeniaud.canalblog.com/archives/2007/10/22/6589602.html) et pour un internaute novice d’être rapidement simple à comprendre. Après en terme d’utilisation perso ou pro, il est vrai que de nombreuses applications n’ont que peu d’utilité mais comme le dite Fabrice Berger Duquenne beaucoup d’internautes recherchent également cet amusement, ce divertissement …

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