Rétrospective 2018 et préparatifs numériques pour 2019

Pour bien clôturer 2018 et préparer celle qui démarre, je vous propose une rétrospective de mes meilleurs articles de l’année passée. Une façon de remettre les différents sujets en perspective et surtout d’avoir une vision d’ensemble pour bien appréhender l’évolution du marché.

2018, l’année où le numérique est devenu un sujet de société

C’est une tradition, avec les premières chutes de neige, les fêtes et les bêtisiers, viennent les rétrospectives. À commercer par celles des grandes plateformes numériques : Google (L’année 2018 en recherches), Facebook (2018 Year In Review), YouTube (Rewind 2018: Everyone Controls Rewind), Instagram (Year in Review 2018), Twitter (Year in Review 2018), Spotify (The Top Songs, Artists, Playlists, and Podcasts of 2018), Giphy (Top 10 GIFs of 2018)… Certaines proposent même une rétrospective personnalisée comme chez Facebook (Memories), Spotify (Wrapped) ou Playstation (My PS4 Life).

Beaucoup de bons sentiments et de responsabilisation, car les plateformes numériques ont eu une année 2018 particulièrement pénible, notamment Facebook qui a subi de nombreuses critiques. L’année passée a été l’occasion d’une réelle prise de conscience par l’opinion publique de l’importance que le numérique a pris dans notre quotidien, notamment à travers les smartphones. Heureusement, ils sont maintenant équipés nativement de fonctions d’autorégulation du temps passé (perdu ?) sur les écrans.

Qu’à cela ne tienne, nous entamons une nouvelle année, avec de nouvelles résolutions, et notamment la mise en application de la « taxe numérique » (Combien d’impôts paient les GAFA en France et comment l’État va-t-il les taxer ? et Taxation des GAFA: la France peut-elle faire cavalier seul?). Un prémisse de ce qui se prépare dans le reste de l’Europe (Après le Royaume-Uni et la France, une taxe GAFA en Autriche aussi) de l’autre côté de l’Atlantique (En 2019, le Congrès américain devrait s’atteler à réglementer les géants du numérique).

Pourquoi le gouvernement s’attaque-t-il ainsi aux géants du numérique et non aux grandes sociétés du CAC40 qui ont inventé le principe d’optimisation fiscale ? Car le transfert de valeur de l’économie traditionnelle vers l’économie numérique est sans précédent. Il y a donc un rééquilibrage à envisager si nous ne voulons pas que les GAFAM asservissent complètement les autres acteurs économiques.

Ya-t-il un risque ? Oui, très clairement, et celles et ceux qui le minimisent commettent une grave erreur. Certes, notre quotidien n’est à priori pas très différent de ce qu’il était il y a 10 ans, mais il faut être aveugle ou sourd pour ne pas voir la façon dont le numérique a bouleversé nos habitudes et reconfigure en permanence les marchés. Une redistribution des cartes qui se concentre dans cinq grands sujets que j’ai abordés tout au long de l’année : l’évolution des usages, l’accélération de la transformation numérique, l’hégémonie des plateformes numériques et des GAFAM (je rajoute un M, car je vous rappelle que Microsoft est à ce jour la plus grosse capitalisation boursière, devant Apple et Google), l’avènement de l’intelligence artificielle et la nécessité de réinventer le marketing.

Évolutions des usages :

Transformation numérique :

Plateformes numériques et GAFAM :

Intelligence artificielle et machine learning :

Évolution du marketing et des pratiques publicitaires :

Comme vous pouvez le constater, ce sont toujours les mêmes sujets qui reviennent. La raison est toute simple : ces sujets sont complexes (il faut faire beaucoup de pédagogie), profonds (il n’y a pas de vérité absolue, que des points de vue) et surtout ils évoluent en permanence (nécessité de se mettre à jour). Ceci explique que l’essentiel des articles publiés l’année dernière est en rapport avec ces cinq sujets. Un véritable travail de Sisyphe, car il faut analyser, décortiquer, rassurer et inciter en permanence pour faire évoluer les mentalités et lutter contre le conditionnement culturel du XXe siècle (« dans le doute, je reproduis toujours les mêmes stratégies / tactiques« ).

Comment se préparer pour 2019 ?

Aviez-vous remarqué que ces dernières années, les prédictions étaient dominées par les innovations technologiques ? C’est normal, c’est parce que lesdites innovations sont légion depuis 4-5 ans, le marché nous met donc la pression pour forcer l’adoption et rentabiliser les investissements en R&D (ex : 5G, TV 8K…). Dans la mesure où nous avons atteint un pic d’innovations, la meilleure façon de bien aborder 2019 est de prendre vos distances vis-à-vis des innovations « révolutionnaires » et de vous concentrer sur vos fondamentaux : les besoins et habitudes des consommateurs, la marque, l’offre (la proposition de valeur, positionnement….), la satisfaction et la fidélisation.

Ceci étant dit, il ne faut pas non plus se fermer à l’innovation, car elle peut revêtir de multiples formes (modèle économique, distribution, évolution, communication…) et sortir du cadre strictement technologique. Du coup, cela reste intéressant de garder un oeil quand même. Oui je sais, je suis en train de raconter tout est son contraire, mais le contexte de marché dans lequel nous nous trouvons est bourré de contradictions et d’incertitudes.

Dans tous les cas de figure, il n’y a qu’une seule variable dans l’équation qui ne change pas : le numérique. Quoi qu’il puisse advenir en 2019, ça aura forcément un rapport avec le numérique (et les smartphones). Donc non, l’innovation technologique n’est pas la solution à tout (#FuckLeCES). En revanche, le numérique est un impondérable et doit être intégré à tout ce que vous entreprendrez. Mettez-vous bien dans la tête que les règles ont irrémédiablement changé, il faut aller de l’avant et se projeter dans la transformation numérique, accélérer avec elle et non lutter pour maintenir le statu quo (La destruction créatrice est un phénomène contre lequel vous ne pouvez pas lutter).

Pour bien vous préparer à cette accélération numérique, il convient d’adopter une démarche ne plusieurs phases :

  1. Acculturation au numérique et prise de conscience (La culture numérique est le principal facteur de fracture numérique)
  2. Mise à niveau des outils (L’impact du numérique sur le système d’information et la DSI et Le mythe du système d’information à la carte se précise)
  3. Comblement du retard sur les connaissances et compétences numériques (La maturité digitale est un actif immatériel stratégique)
  4. Développement de compétences humaines (soft skills) à travers de nouvelles méthodes de travail, tout en évitant les raccourcis (Mythes et réalités de l’entreprise agile)
  5. Réflexions constructives autour de l’innovation pour ne pas tomber dans les dérives du solutionnisme (L’innovation technologique est un moyen, pas un objectif).

Tout ceci représente un programme bien chargé, à la hauteur de votre dette numérique et aligné sur les enjeux actuels et futurs. Point de précipitation, comme expliqué dans mes prédictions, 2019 sera l’année de la prise de recul et, je l’espère de la sérénité (La pleine conscience numérique, étape ultime de la transformation).

Pour ma part, j’attaque l’année sur les chapeaux de roues avec un déplacement en Chine pour décortiquer les usages locaux et anticiper les évolutions du marché. Rassurez-vous, j’essayerais de vous faire des comptes-rendus sur place, mais la connexion là-bas est… aléatoire (hum hum).

5 commentaires sur “Rétrospective 2018 et préparatifs numériques pour 2019

  1. Merci beaucoup pour cette rétrospective. Cela permet d’avoir une vue d’ensemble sur les impacts du numérique.
    Je commence une formation de chef de projet numérique et tous ces articles me seront très utiles.
    Christophe

  2. Merci pour ces liens utiles et 100% d’accord avec toi : GAFAM au lieu de GAFA !
    Une autre phrase de ton article me semble très bonne : ces sujets sont complexes (il faut faire beaucoup de pédagogie), profonds (il n’y a pas de vérité absolue, que des points de vue) et surtout ils évoluent en permanence (nécessité de se mettre à jour).

  3. Au sujet des GAFAM, croyez vous que Facebook va y rester longtemps ? QUand j’en parle à ma fille adolescente pour elle Facebook c’est « pour les gens de ma génération ».

    J’ai le sentiment qu’avec le temps ce F deviendra générique et couvrira les réseaux sociaux en général.

    1. Oui effectivement, nous nous dirigeons tranquilement vers une banalisation de Facebook. Mais dans la mesure Facebook.com partage la même régie publicitaire que Instagram, Messenger et WhatsApp, je ne me fais pas trop de soucis pour eux. Un service pouvant facilement financer les 3 autres.

  4. « La destruction créatrice » : c’est beau les rêves… pour moi c’est vraiment utopique de penser que cette théorie est applicable dans notre époque… je dois dire que c’est même une « non pensée » du vide absolu… Autant j’accepte qu’on puisse dire : GO au numérique ! Défoncez les autres ou vous allez crever !! OK mais « destruction créatrice » !! puré en fait je crois qu’on atteint le pic du conformisme intellectuel ! Genre tout va bien !!! Faites comme ça et don’t worry be a sheeeep !

    Mais bon 2019… ne sera pas l’année du numérique.. ce sera l’année Zero..
    > reboot

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